BOUYER LEROUX dans la course avec Vincent RIOUX sur PRB
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BOUYER LEROUX dans la course avec Vincent RIOUX sur PRB

The Artemis transat

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 PRB arrive à Halifax - 02/06/08      

             

C’est jeudi soir que le monocoque PRB est entré dans le Port d’Halifax en Nouvelle-Ecosse. Cette arrivée a mis un terme à l’opération de récupération lancée par l’équipe technique de Vincent Riou peu après l’abandon du voilier au large des côtes canadiennes il y a 10 jours. Le skipper, tout juste arrivé de Boston était présent sur place pour retrouver son voilier et accueillir les membres de son équipe technique embarqués à bord du remorqueur afin de diriger l’opération.Depuis l’équipe n’a guère chômé pour tenter de remettre la quille dans l’axe. C’est en effet la condition sine qua non pour retirer la quille afin de de l’inspecter minutieusement. Ce vendredi midi l’opération était réussie mais un vent de 25 noeuds empêchait de grûter le voilier. Dès que cette opération sera réalisée Vincent pourra, en fonction de l’état de la quille, décider des modalités de la réparation de sa fixation. Une première satisfaction : il se confirme que la structure générale de PRB n’a pas souffert au cours de la collision puis des jours qui ont suivi.

                                            

 L'équipe de Vincent au secours de PRB - 22/05/08

     

Depuis hier 19h29 (heure française), Vincent Riou se trouve donc à bord du Gitana Eighty de Loick Peyron. Celui-ci continue sa course vers Boston en essayant tant bien que mal de s’habituer à la présence de celui avec lequel il menait jusqu’alors une bataille serrée. « Ca change beaucoup de choses. Cela casse le rythme même si c’est aussi agréable car on parle beaucoup. C’est quand même compliqué, c’est un exercice étonnant » raconte Loick à la vacation de ce matin.
Visiblement, Vincent qui a embarqué à bord du monocoque bleu avec simplement un téléphone iridium et une clé USB essaye de se faire discret. On imagine la difficulté de la situation… Le skipper de PRB n’a déjà, lui, qu’une idée en tête : récupérer son bateau au plus vite.
L’équipe à terre de PRB a réagi très vite hier face à cette avarie et trois d’entre eux sont déjà en partance pour le Canada et les Etats-Unis : Pierre-Louis Pillot, Eric Carret et Antoine Le Bras. Pierre-Louis et Eric seront à Halifax dès ce soir. Ils embarqueront dès leur arrivée sur un remorqueur affrété par la société PRB. Les deux balises de positionnement OC Tracker ont été déclenchées par Vincent avant qu’il ne quitte son monocoque et permettront de suivre son évolution. La difficulté réside, comme pour les bateaux en course, dans le passage dans les heures à venir d’une dépression. Dès ce soir et durant toute la journée de demain, elle devrait venir chahuter PRB. Tout le monde espère bien évidemment que le monocoque dont, rappelons-le, la quille est dans un équilibre précaire, ne subira aucun dommage supplémentaire. Le front sera par contre déjà passé lorsque l’équipe de PRB arrivera sur zone puisqu’il leur faudra au moins deux jours de mer pour rallier le monocoque.

                                                  

 Vincent Riou abandonne ! - 21/05/08

              

En raison d’une grave avarie de quille suite à un choc violent avec un requin pèlerin survenu dans la nuit de lundi à mardi, Vincent Riou a annoncé hier à 17h (HF) son intention de quitter son monocoque. Il se trouvait alors à 530 milles d’Halifax. A 19h20, la direction de course de The Artemis Transat apprenait par la voix de Loïck Peyron que Vincent Riou avait été récupéré sain et sauf à bord de Gitana Eighty. Si le coup de vent attendu l’a épargné.

      

Vincent Riou, à bord de Gitana Eighty, a raconté lors d’une vacation avec le PC Course les événements de la journée. Loïck Peyron continue évidemment sa course et devrait arriver vendredi à Boston avec Vincent à son bord. Pendant ce temps, l’équipe technique de PRB se prépare à s’envoler pour Halifax (Canada) pour monter une opération de récupération du monocoque. Vincent espère que le bateau, situé à 530 milles d’Halifax, pourra être récupéré dans trois jours environ.
         
Vacation téléphonique entre le PC Course, Vincent Riou et Loïck Peyron à bord de Gitana Eighty - 20/05/08 à 20h10

         
Le déroulement de la journée : « la nuit dernière, je naviguais au reaching, assez vite à 15/18 nœuds. Soudain, je suis entré en collision avec ce que je crois être un requin Pélerin de 4 à 5 mètres. Le poisson a  carrément été coupé en deux car j’ai vu ressortir les deux morceaux et c’est à l’aileron que j’ai pensé qu’il s’agissait d’un requin. Sur le moment, je n’étais pas trop inquiet car le choc a été violent mais sans le bruit significatif du carbone cassé. J’ai fait un check rapide et un peu plus tard, j’ai juste constaté que l’ogive de quille était un peu abimée. Le puits de quille se remplissait et il y avait des bulles qui m’empêchaient de voir ce qui se passait. Rien de dramatique.
Cet après-midi, j’ai décidé de profiter des calmes de la dorsale anticyclonique pour inspecter la tête de quille. Là, j’ai constaté qu’il manquait l’axe avant de la tête de quille. La quille, qui était inclinée, portait à faux en travers du puits.
Suite à cela, j’ai décidé assez vite de ne pas rester à bord. Car vu le mauvais temps qui arrivait, je ne me voyais pas me faire peur pour me faire peur. C’était difficile, voir très dangereux de naviguer à la voile dans ces conditions.
J’ai sécurisé au maximum le bateau, j’ai descendu comme je pouvais le centre de gravité en ballastant. Et j’ai laissé le bateau avec la quille inclinée en espérant qu’ainsi elle restera en place. Maintenant on est déjà en train de faire ce qu’il faut pour aller le récupérer ».
           
La récupération à bord de Gitana Eighty :
« Une fois que j’ai sécurisé le bateau, déclenché toutes les balises possibles pour continuer à le repérer puis le radeau de survie. Je me suis installé dedans et je me suis laissé partir à la traine. J’avais solidement amarré le radeau.
C’était le créneau idéal pour faire ce genre de manœuvre car demain cela serait devenu beaucoup plus dur et difficile vu les conditions qui s’annoncent. »
           
L’opération pour récupérer PRB :           
Son sentiment : « Là j’ai un peu les bras qui me tombent (ému). Je me demande ce que je dois faire pour finir une course*… . C’était une course avec du niveau et j’y prenais beaucoup de plaisir. Jusqu’à ce matin… Je me retrouve là, juste avec mon téléphone Irridium et une clé USB. La vie continue. Mais c’est quand même terrible où on en est arrivé ».  
« Une équipe est déjà en train de partir à Halifax. L’idéal serait qu’ils partent demain soir de là-bas avec un bateau pour aller le récupérer. Il faut deux jours de mer. »
         
Le récit de Loïck Peyron  : « C’est une course en solitaire qui va se finir en double. Ce n’est pas une première. Philou n’était pas monté à mon bord (pour mémoire Loïck avait effectué un sauvetage extraordinaire de Philippe Poupon dans le Vendée Globe 1989/90 en permettant de redresser le monocoque couché de ce dernier). J’aurais préféré que Vincent continue, il avait fait une course impressionnante. Il est très déçu, je le comprends. Il passe ses coups de fil, fais comme si il était tout seul. Cela n’est pas facile ».

                   
* : Dans son interview, Vincent se demande ce qu’il faut faire « pour finir une course ». Il fait évidemment référence au démâtage survenu au bout de 24 heures de course dans la dernière Route du Rhum et bien sûr au plus récent subit dans la Barcelona World Race avec Sébastien Josse. Comme cette fois, PRB était alors en  tête. Des casses mécaniques difficiles à vivre pour le dernier vainqueur du Vendée Globe mais sans doute moins que la collision avec un animal qui renvoie à la pure malchance.

                                               

                                   

 Petits airs et porte des glaces - 19/05/08

      

A retenir :
- Vincent est toujours en tête
- Il a perdu un peu de terrain sur Loick Peyron dans une zone de molle ce matin
- PRB va franchir la Porte des Glaces en cette fin d’après-midi
     
Même route, même cap, même vitesse pour le duo de tête à la Porte des Glaces. Après une semaine de course, on assistait ce matin à une étonnante progression groupée et à la queuleuleu dans un vent quasi inexistant. Après un passage de front sportif cette nuit, les solitaires ont en effet buté ce matin dans la zone de molle attendue. PRB, toujours en tête 15,2 milles devant Loick Peyron au classement de 16h00, a été le premier à subir « l’arrêt des ventilateurs ». On imagine, en rappelant la vitesse de PRB à 12h30 ce midi soit 1,5 nœuds, la tension qui a pu alors régner à bord. D’ailleurs, Loick Peyron était visiblement habité par ce même stress puisqu’il a raccroché brutalement son téléphone durant la vacation pour cause d’arrêt total de son Gitana Eighty ! La Porte des Glaces semblait décidemment bien mal nommée dans ces conditions. « Je ne pensais pas que ça allait s’arrêter comme ça. Il y avait tellement de mer que les bateaux n’arrivaient pas à avancer. Et puis, il fait chaud. Ce matin, j’étais torse nu sur le pont ! » expliquait Vincent en début d’après-midi.
Derrière ce duo, Brit Air progresse à 42,8 milles du tableau arrière de PRB. Plus au Nord, on retrouve Generali qui risque de perdre du terrain puisqu’’il n’avait toujours pas traversé la zone de molle au moment où la tête de flotte s’en échappait. A 16h00, Yann Eliès était à 68,1 milles de Vincent.
Pour PRB, le vent de Sud Est s’est progressivement installé en ce début d’après-midi. Il devrait permettre à Vincent de passer la « Porte des Glaces » en fin d’après-midi. La porte franchie, des options pourraient se dessiner. Certains privilégieront une remontée vers le Nord à l’instar des routages qui voient la route optimale passer « très, très Nord » selon Vincent. Cette route permettra de bénéficier de vents plus favorables mais obligera les solitaires à s’approcher d’une zone mal pavée avec toujours autant d’icebergs repérés. D’autres feront le choix de la prudence en restant au Sud de la zone des Glaces qui se situe actuellement vers 42 ° Nord sur une route plus proche du centre de la grosse dépression à venir avec le risque donc de rencontrer des vents plus forts.
Ce n’est qu’au classement de demain matin que l’on aura une idée plus précise de la solution retenue par chacun. Risque de Glace ou de vent fort ? Pas si simple. Mais face à ce choix Vincent dispose d’un atout ô combien précieux au vu du déroulé de la Transat : un bateau intact et à 100% de ses capacités.    
           
Vincent par téléphone en début d’après-midi :
« Ca redémarre doucement. Je progresse à 9 nœuds dans 8 à 9 nœuds de vent de Sud Est. Ca avait commencé à mollir dans la nuit mais je ne pensais pas que ça allait s’arrêter comme ça. Il y avait tellement de mer que les bateaux n’arrivaient plus à avancer. Hier soir, on s’est fait vraiment secouer. Il y avait 30 nœuds et plus de mer que de vent. Virer dans le front a été très sportif. »
 
Vincent à la vacation ce matin :
"Je passe une nuit nickel ! J’ai bien dormi et je pense continuer encore. J’ai treize nœuds de vent dans le 325°, j’ai donc du Nord-Ouest et je me dirige vers la porte des glaces que je devrais atteindre ce soir. Et avant ce soir, je devrais rencontrer une petite zone de molle. J’espère que j’ai bien avancé cette nuit, mais je ne sais pas trop car ça dépend un peu du virement avant le front. Hier soir, la mer était vraiment chaotique. Personnellement, je préfère ne pas trop tirer sur le bateau dans ce genre de conditions car c’était vraiment une mer casse-bateau. J’ai donc un peu levé le pied du plancher.  Le programme de la journée sera d’étudier la météo à venir après la porte des glaces. Le bateau est en parfait état et le bonhomme est un peu courbaturé mais quand même en pleine forme ! ".  
     
Classement à 16h00 :
1-  PRB / Vincent Riou
2 –  Gitana Eighty / Loick Peyron à 15,2 milles
3 – Brit Air / Armel Le Cleac’h à 42,8 milles

      

        

 PRB premier vers la porte des glaces - 17/05/08

           

A retenir :
- Suite à l’abandon hier de BT, PRB se trouve désormais en tête de la flotte
- Vincent devance Loick Peyron de 26 milles
- Les premiers solitaires arriveront demain en milieu de journée sur la porte des glaces
        

L’événement de ces dernières heures de course est l’abandon de Sébastien Josse. A bord de BT, celui qui menait la course depuis plusieurs jours, a été contraint de se retirer après avoir abîmé son rail de Grand Voile. La déception est forte pour « Jojo » qui avait finalement vite trouvé ses repères sur son tout nouveau bateau  mais également pour ses concurrents dont Vincent Riou. Les deux compères naviguaient pas très loin l’un de l’autre depuis le départ de la course et communiquaient très régulièrement ensemble. « Ca fait vraiment suer. Il avait super bien navigué. Disons que Jojo paye la jeunesse du projet. Mais c’est sûr, il a énormément appris. Tout cela va être particulièrement enrichissant pour sa préparation du Vendée Globe » raconte Vincent.
            
BT hors course, PRB se retrouve donc en tête de la flotte des 60’ après une nuit active durant laquelle le skipper a enchainé quatre virements pour gagner vers le Sud Ouest. Il devance Gitana Eighty, deuxième, de 26 milles. Vincent en était convaincu, le black out des positions durant 36 heures n’aura pas fondamentalement changé les choses pour la tête de flotte même si certains ont profité de cette « coupure des projecteurs » pour tenter des petits coups en toute discrétion à l’image de Loick Peyron. Comme l’analyse Jean-Luc Nélias (consultant pour l’organisation), Gitana Eighty a viré vendredi soir en début de nuit pour se décaler dans le sud sud ouest de PRB et BT. Un petit coup qui ne rapporte finalement pas grand-chose à Loïck d’autant que Vincent, ce matin, est revenu se caler pile devant son étrave. Derrière PRB et Gitana Eighty, Brit Air est à 63 milles et Générali, à 83 milles mais avec un décalage latéral de près de 70 milles.
           
Les conditions de navigation sont moins maniables depuis hier. Les bateaux progressent au près serré dans un vent de secteur Sud Ouest soutenu. Une mer courte contraint également les marins à une vigilance extrême. Le retrait de BT dit une nouvelle fois combien les skippers sont vulnérables face à la mécanique. Pour Vincent, il n’est donc pas question de prendre le moindre risque. La prudence est de mise d’autant que les conditions à venir ne s’annoncent pas faciles. Ce soir, la flotte devrait rencontrer de nouveau des vents soutenus suite au passage d’un front. Côté stratégie, les leaders pourraient virer avant la nuit pour se diriger ensuite en un bord vers la porte des Glaces qu’ils devraient franchir d’ici 24 heures. Celle-ci se trouve, rappelons-le, par 40°Nord, entre 47 et 50 Ouest ; le principe étant de laisser au moins un point de cette ligne virtuelle à tribord. L’approche de cet « ice gate » devrait se faire dans un vent mollissant. Derrière, la flotte retrouvera de nouveau du vent mais finalement peut être pas aussi fort que l’annonçaient les fichiers depuis quelques jours selon Vincent. Les dépressions au large des côtes américaines sont en effet moins creuses que prévues et se décalent un peu plus vers le Nord. Même dans ces conditions moins extrêmes, le match est loin d’être terminé. La Porte des Glaces franchie, il restera encore 1 000 milles à parcourir…
                 
Vincent à la vacation ce matin :
« Il fait beau. On a 18 - 20 nœuds de vent. On fait du près serré, les écoutes sont bordées et on essaye de se rapprocher de cette porte de glace. Ce n’est pas simple, depuis que les vents sont rentrés de secteur sud ouest, on essaye de saisir les moindres opportunités pour s’en rapprocher. Hier, j’ai passé pas mal de temps dans le courant, dans un peu fort de Gulf Stream. Cette nuit, au louvoyage on ne va pas très vite mais on progresse doucement. Le black out, ce n’était pas forcément le meilleur moment pour le faire car stratégiquement, je pense que les bateaux n’ont pas fait grand chose de différent donc en terme de classement, il n’a pas du se passer grand chose. Les conditions sont pas mal, on a eu notre première petite dépression hier. On va remettre ça aujourd’hui. On attend un peu les fichiers météo pour voir à quelle sauce on va se faire manger entre la porte des glaces et l’arrivée à Boston. Il y a quelques petites dépressions assez virulentes et il y aura peut être encore moyen de se faire secouer.»
                 
Classement à 16h00 :
1-  PRB / Vincent Riou

2 –  Gitana Eighty / Loick Peyron à 26 milles
3 – Brit Air / Armel Le Cleac’h à 63 milles
                                             

 Avant pour le près - 16/05/08

              

A retenir :
- Vincent est passé 2ème à 22 milles
- BT est toujours en tête
- La tête de flotte commence à rencontrer des conditions plus soutenues
      

Dur, dur…. Les marins sont fatigués par les vents faibles qu’ils ont rencontrés ces dernières 24 heures. Une fatigue physique car bien sûr, dans ces conditions il est difficile de se reposer mais pas seulement. La tête aussi commençait à être lasse. Dans ce petit temps, on n’est jamais sûr de rien et les skippers sont devenus dans la succession de transitions rencontrées hier après-midi et cette nuit, des experts du tâtonnement. De toute façon, pour l’heure, il n’y a pas d’option à tenter comme le confirmait Vincent ce matin alors qu’il se trouvait encore dans la zone de molle : « L’option de couper dans le fromage, elle est suicidaire. Il y a des moments où l’attaque est possible et puis d’autres où il faut rester sage. Eh bien, en ce moment, je pense qu’il faut rester sage ». PRB est donc bien calé à 22,2 milles dans le sillage de BT, toujours leader. Vincent a repris une place au classement et devance donc désormais Gitana Eighty de 13 milles. Pour ce trio de tête, l’objectif était de s’extirper au plus vite de la zone de vents faibles. Depuis le début de l’après-midi, il retrouve progressivement de la pression. Le vent ne devrait d’ailleurs cesser de se renforcer pour atteindre 20 nœuds cette nuit et 25 demain matin. Les monocoques vont se retrouver cette fois au près, allure plus « traditionnelle » de l’Atlantique Nord. Vincent se réjouit de retrouver des conditions plus soutenues et semble également satisfait de sa position. Mais ce qu’il surveille pour l’instant, c’est l’avance sur Loïck Peyron en espérant qu’au dernier classement ce soir, elle sera un peu plus grande. Le skipper de PRB pense par ailleurs que le gain qui s’est joué cette nuit aura été particulièrement favorable par rapport à Générali, toujours décalé dans le Nord ou encore Brit Air. A 16h, ils affichaient respectivement 65,8 et 66,7 milles de retard sur BT et progressaient toujours dans des vents évanescents à des vitesses de 4,5 et 2,7 nœuds.
Si la situation semble donc favorable au groupe de tête, Vincent reste toutefois prudent surtout après l’avarie rencontrée hier par Michel Desjoyeaux. Le skipper de PRB est forcément déçu de la casse de Foncia et a même tenu à joindre hier soir Mich Desj pour lui faire part de sa solidarité.
Désormais, sur la course, l’heure est à la nouveauté ou plutôt au retour aux sources. Les organisateurs ont en effet décidé d’un black out de 36 heures concernant les positionnements des bateaux. Entre le classement de ce soit 18h00 TU et dimanche 6h00 TU, personne ne pourra connaître la situation de la flotte. Pour Vincent, ce black out n’arrive pas à un moment critique de la course  en terme stratégique. « On connaitra l’écart entre Seb (Josse, ndr), Loick Peyron et moi au dernier classement ce soir. Après, avec le vent qui revient, il s’agira d’aller vite mais je suis prêt à parier qu’il y aura finalement très peu de changement dans le classement d’ici dimanche matin » expliquait-il. Parole d’expert.     
      
Vincent à la vacation ce matin :
« Faut continuer à bosser... Les trois derniers jours ont été particulièrement pénibles, peu ventés, ce n’est pas facile de dormir. On décale bien vers le sud, mais par rapport à Seb, pas vraiment d’option possible. Concernant ce qui est arrivée à Mich Desj, cela fait partie du sport. C’est sûr quand ça arrive, on est malheureux. Cela nous est arrivé à tous un jour ou l’autre. La baleine, c’est le truc imparable. Le plus dur quand tu es marin, c’est que tu es amené à être fataliste. Faut pas se prendre la tête, c’est ça la difficulté. De toute façon, on n’y est pour rien, et puis les dégâts sont faits. Il faut tourner la page et s’obliger à passer à la suite. »
     
Classement à 16h00 :
1 - BT / Sébastien Josse
2-  PRB / Vincent Riou à 22 milles
3 –  Gitana Eighty / Loick Peyron à 35,1 milles
       
        

 BT passe, PRB bute - 15/05/08

    

A retenir :
- PRB a perdu du terrain cette nuit en franchissant la dorsale anticyclonique
- BT a par contre creusé son avance
- Une nouvelle zone sans vent devant les étraves des monocoques
- PRB est 3ème  à 18,9 milles de BT, leader
      

Une dorsale anticyclonique, c’est toujours la surprise disait hier en substance Vincent Riou. Cela s’est vérifié cette nuit au détriment de … PRB. Situé hier soir à seulement 3 petits milles du tableau arrière de BT, le skipper de Loctudy a dû s’arrêter pour enlever des algues. Ces quelques centaines de mètres perdus vont finalement coûter très cher à Vincent qui ne peut, par la suite, qu’assister impuissant à l’échappée de BT. Ce matin, au classement de 8h00 (HF), les 3 milles s’étaient transformés en 38 ! « J’ai vu Jojo partir, partir, partir sans s’arrêter. Et moi je me suis arrêté une bonne heure, une heure et demie (en dessous de 1 nœud, ndr). Ce matin, cela fait des écarts. Forcément, on ne le vit pas bien mais ce n’est pas la première fois que nous nous retrouvons dans ce genre de situation » expliquait ce matin Vincent. Reste que PRB, positionné comme BT, plus au Sud du reste de la flotte a malgré tout réussi à tirer son épingle du jeu en se maintenant dans le trio de tête derrière Gitana Eighty. Le 60’ de Loick Peyron a, comme BT, effectué une bonne opération cette nuit. Ralenti mais jamais véritablement arrêté, le monocoque bleu marine s’est emparé de la deuxième place.
Pour Vincent, le retard pris sur BT est forcément un peu dur à encaisser pour le moral mais reste faible par rapport à la distance restant à parcourir et, surtout, à la météo à venir très prochainement. Pour preuve, au classement de 14h00 (HF), BT était déjà fortement ralenti avec une vitesse instantanée 2,7 nœuds ! C’est un petit minimum dépressionnaire, juste sur la route de la tête de flotte qui vient jouer les troubles fête. « C’est impossible pour nous de contourner cette bulle. On est obligé de passer dedans. Ca va être encore un coup de poker » analysait Vincent ce matin. Loick Peyron et Vincent n’étaient quant à eux pas encore ralentis et filaient même beaucoup plus vite que le bateau noir. Les écarts avaient donc fondu à 16h00 et PRB ne se trouvait plus qu’à 18,9 milles de BT.
Ce qui se joue en tête de flotte est donc passionnant même si cela relève parfois, on l’a vu cette nuit, du coup de poker. En tout cas, plusieurs tables de jeu sont à surveiller. Outre, celle où s’activent BT, Gitana Eighty et PRB, il faut également jeter un œil sur celle qui réunit Foncia et Generali. Selon Vincent, le décalage au Nord ne devrait pas leur permettre de franchir plus rapidement cette nouvelle zone de transition. Au contraire, elle devrait être plus large pour eux et les deux monocoques pourraient y buter un peu plus tard que la tête de flotte soit entre 18h00 et 00h00. Autre inconvénient, Michel Desjoyeaux et Yann Eliès pourraient sortir de ce minimum dans un flux d’ouest alors que BT, PRB et Gitana Eighty bénéficieraient quant à eux, d’un vent de Nord Ouest. Echaudé par la nuit, Vincent reste toutefois prudent dans ses analyses et cherche tout simplement à bien naviguer, à trouver le meilleur passage pour rencontrer au plus vite des conditions plus classiques en Atlantique Nord soit du vent de face plus soutenu. Une météo qui sollicitera toujours autant les hommes et un peu plus les bateaux mais pour laquelle  PRB est mieux taillé.    
      
Vincent à la vacation de 11 heures :
      
" La nuit a été un peu fatigante. Nous avons traversé une dorsale et ça s’est plus ou moins bien passé selon les bateaux. J’avais vu partir Seb, je savais qu’il y avait des bulles un peu partout sur la dorsale. En fin d’après midi, j’ai fait un petit arrêt pour enlever des algues puis j’ai redémarré mais j’ai perdu ensuite quelques centaines de milles. J’ai vu Jojo partir, partir, partir sans s’arrêter. Et moi je me suis arrêté une bonne heure, une heure et demie. Ce matin, cela fait des écarts. Forcément, on ne le vit pas bien mais ce n’est pas la première fois que nous nous retrouvons dans ce genre de situation. J’ai même eu peur d’avoir perdu plus de terrain. Heureusement, il n’avait pas trop d’air derrière non plus.  Quand tu entres là dedans, tu ne sais jamais comment cela va se terminer. Là j’ai 10 nœuds de Sud Est. C’est reparti. On va avancer jusqu’à la prochaine bulle ce soir. Je vais essayer de naviguer le mieux possible, il va falloir être dessus. D’ici quelques jours, on retrouvera plus de vent. On se retrouvera dans une situation plus « normale » pour l’Atlantique Nord. ".
      
Vincent par téléphone cet après midi :
          
« Je suis arrivé 15 minutes trop tard cette nuit. J’avais l’impression que la dorsale avançait avec moi. Je suis passée une première fois de l’autre côté puis, juste après le vent c’est de nouveau inversé. Ca m’a fait ça plusieurs fois de suite. Mais je l’ai quand même échappé belle car la molle dans laquelle j’étais est celle qui a ensuite enfermé Brit Air. J’aurais pu y rester bien plus longtemps. De toute façon, ce n’est pas fini ! Attendons demain que tout le monde soit au près ! »
        
Classement à 16h00 :
1 – BT / Sébastien Josse
2-  Gitana Eighty / Loick Peyron à 11 milles
3 –  PRB / Vincent Riou à 19 milles
   
             

 Nuit chaude ! - 13/05/08

    

A retenir :
- PRB comme la plupart des ses concurrents a navigué sous spi toute la nuit
- PRB, proche de la route directe, a subi des vents portants forts
- Un ralentissement est attendu pour demain 
     

« Nuit chaude à bord de PRB, accroché à la barre sous spi » voici le petit mot bref envoyé cette nuit par Vincent à l’organisation. Un texte court qui en dit justement long sur les conditions rencontrées par la flotte des 60’. Au portant, sous spi dans un flux d’Est se renforçant pour dépasser les 30 noeuds, les skippers ont « dégusté ». Certains décrivent des plantés ou des départs à l’abattée, d’autres portent même aujourd’hui les stigmates de ces conditions difficiles, à l’image de Marc Guillemot qui s’est blessé aux côtes. A bord de PRB, Vincent décrit lui aussi une nuit intense mais ne signale aucun dommage. Il salue ce matin, la trajectoire de celui qui, en préférant faire route vers le Nord Ouest sous voilure réduite, a aussi fait le choix de la prudence c’est-à-dire Michel Desjoyeaux. « C’est le seul qui a bien navigué. Il a affalé son spi dans la nuit et a du compenser en faisant plus de route » commente Vincent. Au final, moins de fatigue et moins de prise de risques mais un décalage qui oblige désormais le skipper de Foncia à remettre un peu de Sud dans sa route. Ce que Vincent notait avec soulagement cet après-midi en observant que l’option Nord n’avait malgré tout pas permise à Michel Desjoyeaux de s’échapper.
Le skipper de PRB se dit d’ailleurs finalement, satisfait de l’issue de cette deuxième nuit de course. « Ca ne nous coûte pas trop cher par rapport à là d’où on vient » résume le skipper de PRB. Comprenez que l’essentiel est de ne déplorer aucune casse matériel et de s’être maintenu dans le groupe de tête. A 16h00, Vincent était 3ème à 12 milles du leader Generali.
En début d’après-midi, PRB filait toujours poussé par un flux de Nord Est de 22 à 25 nœuds.  Les speedomètres devraient continuer d’afficher d’excellentes moyennes jusque demain, c’est-à-dire jusqu’à la prochaine zone de transition : un col anticyclonique. « Ca va tasser un grand coup » prévoit le skipper de Loctudy. La cadence imposée depuis hier devrait donc être ralentie mais la règle de ce jeu là restera la même : garder toujours les avants postes. 
       
Vincent par téléphone à 14h00 : 
     
« J’ai réussi à dormir un peu cette nuit même si c’était le bordel. Nous étions sous spi, à fond comme des ânes. Mich Desj est le seul qui a bien navigué mais cela devrait s’avérer meilleur au final sur notre bord. Il ne va donc pas partir tout seul. Pour la suite, il y a de la pétole mais la météo continue de beaucoup bouger. Je pense que chacun gère comme il peut car ça attaque à mort. C’est gris, au portant avec 25-30 nœuds de vent, plutôt tranquille après la nuit agitée. La mer n’est pas très bien rangée, il faut faire attention : il y a moyen d’aller plus vite, mais on évite de s’énerver.» 
   
Classement à 16h00 :
1 – Generali / Yann Eliès
2 – BT / Sébastien Josse à 11 milles
3 – PRB / Vincent Riou à 12 milles

   

 PRB dans le groupe de tête ! - 12/05/08   

      

A retenir :
- PRB est dans le groupe de tête
- Il est situé au centre du plan d’eau entre le duo BT/Foncia au sud et Gitana/Brit air au nord
- Bataille au portant attendue dès cette nuit avec un vent de nord-est qui devrait se renforcer
   
Après 24 heures de course, pas de surprise, les titans mènent le bal. Vincent Riou, Sébastien Josse, Michel Desjoyeaux ou encore Loick Peyron n’ont pas raté leur entrée dans le match.  Ils progressent actuellement dans le Sud d’un anticyclone et profitent d’un flux de secteur Nord/nord-ouest  établi. En début d’après midi, Vincent Riou relevait 12 nœuds de vent et pointait à 16h00 la 3ème  position à la vitesse de 14,4 noeuds. Il a en effet cédé la place de leader qu’il occupait ce matin à Sébastien Josse, décalé une quinzaine de milles dans son Sud en compagnie de Michel Desjoyeaux. Un écart latéral qui pourrait permettre à « Jojo » et « Mich Desj » de progresser plus rapidement dans les heures à venir. Le skipper de PRB dit avoir commis une petite erreur la nuit dernière en interrompant sa descente au portant qui l’éloignait de la route directe. Pour avoir eux poursuivi cette option, BT et Foncia devraient être les premiers à toucher le flux de nord-est annoncé pour la nuit prochaine. Mais bien placé tactiquement – PRB est très exactement au centre de la flotte à quasi équidistance entre les deux « sudistes » et le duo Loïck Peyron/Armel le Cleach au nord – Vincent ne s’inquiète pas outre mesure de la situation.  Il balaie ce petit regret d’un revers de main à l’idée de filer bientôt au portant et pense que Gitana Eighty et Brit Air mettront eux, plus de temps encore à toucher davantage de pression. « Ca va nous permettre de bien allumer. Il ne faut pas se rater. J’espère que le pilote va bien fonctionner » explique le skipper de PRB. Si les stratégies divergent légèrement, les écarts sont il est vrai encore peu significatifs. 7 milles séparaient Vincent de Sébastien au classement de 16h00. L’exercice sous spi qui s’annonce pourrait en générer de plus importants en révélant la différence de maîtrise des monocoques. Le meilleur à ce jeu ? Réponse tout au long des deux jours à venir. Au moins… car l’Atlantique nord a pour le moment oublié les dépressions qui ont fait sa réputation.  
    
Vincent par téléphone à 15h00 : 
   
« Cette nuit, j’ai été le premier à plonger sous gennaker mais j’aurais du continuer un peu. Je n’ai pas osé. J’étais tellement loin de la route que je n’ai pas voulu prendre trop de risques. Actuellement, j’ai 12 nœuds de vent, cela bouge pas mal. Ca va être notre quotidien pendant trois ou quatre jours. J’ai un peu dormi cette nuit. Le départ était plutôt tranquille mais on s’est fait avoir par Loick (Peyron) et Armel (Le Cleac’h). Au final, je m’en sors pas mal. De toute façon, au départ, mon placement était vraiment un choix pré déterminé en fonction de ce qui était prévu pour la suite. Cette nuit, il va y avoir de l’air mais je pense que Sébastien (Josse) et Michel (Desjoyeaux) auront plus de pression là où ils sont. »
    
Classement à 16h00 :
1 – BT / Sébastien Josse
2 – Foncia / Michel Desjoyeaux à 5 milles
3 – PRB / Vincent Riou à 7 milles

                                       

                                                

 C'est parti pour PRB - 11/05/08

    

Vincent Riou a pris le départ aujourd’hui à 15h00 précises (heure française) de The Artemis Transat. Au classement de 18h00 (heure française), PRB était 3ème. 

Vincent Riou est arrivé ce matin vers 9h00 sur le ponton. L’allure détendue, il a salué les skippers déjà présents. Michel Desjoyeaux d’abord puis Sébastien Josse avec lequel il a passé une dizaine de minutes à parler météo avant de rejoindre son PRB. Il a ensuite été le premier à passer l’écluse vers 10h00. L’attente dans la Baie de Plymouth a duré jusqu’à 15h00, heure à laquelle Mike Golding, vainqueur de l’édition précédente, a enfin libéré les 13 monocoques de 60’ et les 11 40’ engagés cette année. Ce temps d’attente a été l’occasion pour les très nombreux voiliers spectateurs présents d’admirer les bateaux et d’encourager les solitaires qui s’apprêtent à effectuer près de 2 743 milles à bord de leurs machines de course.
Malgré les conditions météo, avec comme prévu un vent faible, le spectacle était magnifique et les concurrents ont montré dans les ultimes minutes avant de franchir la ligne, leur envie d’en découdre. C’est dans un petit souffle de Sud-Ouest de 5 à 6 nœuds que la flotte s’est élancée vers Eddystone, première marque de parcours. C’est Sébastien Josse qui, à bord de son tout nouveau BT, a pris le meilleur départ. Vincent avait quant à lui décidé de partir au bateau comité (un bâtiment de la marine nationale anglaise de plus de 100 mètres de long !) soit sous le vent de la flotte. Un choix qui lui permettait de profiter de conditions de vent et de mer plus fraiches que ses concurrents (les bateaux spectateurs étant notamment relégués à la côte, à l’extrémité de la ligne de départ). Et un placement (Vincent était l’un des plus éloignés de la route directe au départ) assumé pour la suite de la course et notamment cette première portion en Manche. Le classement effectué au phare d’Eddystone pointait PRB en 7ème position d’une flotte menée par les bateaux ayant privilégié l’ouest de la ligne et ayant bénéficié d’une rotation du vent à l’ouest. Gitana Eighty était donc pointé en tête, Safran 2ème et Brit Air 3ème. A 18h00, Vincent, toujours décalé, au Sud, était cette fois 3ème tandis que Loick Peyron menait toujours la flotte.
La première nuit de course sera, à l’image de ce départ, « tranquille » comme l’indiquait Vincent ce matin avant son départ du ponton. Une tranquillité toute relative car si les vents faibles vont permettre effectivement d’entrer en douceur dans une course réputée pour sa météo hostile, ils vont aussi obliger les skippers à ne pas relâcher leur attention. La Manche pourrait donc bien rimer dès ce soir avec « sans sommeil ».    
 

Interview de Vincent Riou avant son départ du ponton :

" J’ai bien dormi cette nuit. Il est temps que ça parte même si les dernières heures à terre avec l’équipe technique sont des moments sympas. J’ai croisé Jojo (Sébastien Josse, ndlr) sur les pontons et nous avons discuté de météo. Les prévisions bougent et vont bouger tout le temps car nous ne sommes pas dans une situation classique. Il n’y a pas de schéma établi. Les premières heures de course seront assez tranquilles car il y a peu de vent et un peu de manœuvres. Il faudra surveiller que personne ne s’échappe et rentrer dans la course tout de suite."

Classement à 18h00 :
1 – Gitana Eighty / Loick Peyron
2 – Brit Air / Armel Le Cleac’h à 2 milles
3 – PRB / Vincent Riou à 3 milles
    

    

 Newsletter - 10/05/05

      

The Artemis Transat
 

Sur le port de Sutton Harbour à Plymouth, la flotte est bien au complet. Au milieu d’elle, le bateau PRB de Vincent Riou s’apprête à prendre le départ d’une course qu’il qualifie lui-même de mythique : "The Artemis Transat est la plus ancienne des transats en solitaire. Depuis 1960, elle a forgé le caractère des plus grands. J’aurai évidemment à cœur de m’imposer au milieu d’une concurrence très rude mais, surtout, je n’oublie pas que ce rendez-vous constitue avant tout un test important avant le Vendée Globe en Novembre".

   

De Plymouth à Boston, en passant par la traditionnelle route du Nord, Vincent Riou devra faire face, en solitaire, à une météo rude et à des conditions exigeantes. Le départ sera donné dimanche 11 mai à 14h, PRB embarquera alors pour 12 jours de navigation, sans routage, ni assistance technique… dans les conditions du Vendée Globe…
    
Liste des concurrents :
    
Akena Veranda/ Arnaud Boissieres
Aviva/ Dee Caffari
Brit Air/ Armel Le Cleac'h
BT/ Sébastien Josse
Cervin EnR/ Yannick Bestaven
Foncia/ Michel Desjoyeaux
Generali/ Yann Elies
Gitana Eighty/ Loick Peyron
Pakea Bizkaia 2009/ Unai Basurko
PRB/ Vincent Riou
Roxy/ Samantha Davies
Safran/ Marc Guillemot
                                          
                                             

 Newsletter - 14/04/08

    

 

EDITO

2008…

    

Quatre années d’intenses entraînements, quatre années d’efforts et d’abnégation dans l’optique d’une course référence et d’un challenge immense. Vincent Riou prendra le départ du Vendée Globe 2008 en novembre, comme l’aboutissement d’un travail préparatoire long et riche d’enseignements.
    
Au gré des victoires (Grand Prix Petit Navire, Rolex Fastnet Race et Calais Round Britain en 2007) et des déconvenues (deux démâtages sur la Route du Rhum 2006 et la Barcelona World Race 2007),Vincent Riou a franchi une à une les étapes le rapprochant du Vendée Globe 2008. Il a ainsi appris à dompter sa machine et surtout à la faire évoluer vers le bon compromis performance / fiabilité. Fort de sa victoire sur l’édition 2005 et de son expérience acquise, le skipper breton sait combien il est important d’effectuer ce travail de fond sur le bateau et sur soi, avec humilité et sérieux, pour arriver sur la ligne de départ, cartes en main. La date : le 9 novembre 2008…
    
Pour BOUYER LEROUX, son partenaire, comme pour Vincent, c’est un gros challenge qui se profile pour la fin d’année 2008. Face à une concurrence accrue, nous préparons « nos armes », comme Vincent, à commencer par notre nouveau site de production de St Martin des Fontaines dont l’activité démarrera en fin d’année. Forts de ce nouvel outil, riches de notre expérience, nous serons prêts à relever le défi ! Encore quelques mois d’efforts et de réglages d’ici là et rendez vous, avec Vincent, sur nos lignes de départ respectives, vers la victoire…
 
Georges-Marie Leroux
 (PDG de Bouyer Leroux)
 
  
 
 Fin de chantier pour le bateau du bâtiment
 
 

PRB a été remis à l’eau début avril à Port La Forêt. Vincent Riou attaque la dernière ligne droite de son programme solo qui l’amènera à défendre son titre sur le Vendée Globe en novembre.
     
Il est des moments décisifs dans une saison. Le départ du Vendée Globe en sera un. La mise à l’eau du bateau en est un autre. Celle-ci marque la fin de 4 semaines de chantier et de modifications matérielles en vue de The Artemis Transat et surtout du Vendée Globe. Parmi ces modifications, on note la mise en place d’une casquette amovible qui permettra à Vincent Riou d’effectuer certaines manœuvres et de régler le bateau à l’abri des paquets de mer. Un confort loin d’être superficiel sur un tour du monde en solitaire. Autre transformation : la silhouette du bateau du bâtiment. Vincent a choisi d’ajouter à son monocoque des strakes de chaque côté du premier tiers avant de la coque. Ces pains de mousse ont pour objectifs d’accroître la portance aux allures de petit largue et plus globalement de donner plus de puissance au monocoque. Enfin, après le démâtage lors de la Barcelona World Race, le bateau a pu être équipé de son nouveau mât. Le nouvel espar, plus solide, traduit une recherche constante de fiabilité mais marque également la volonté de l’équipage de ne pas prendre de risque cette année. L’effervescence autour de l’événement témoigne de l’importance du rendez-vous que Vincent Riou s’interdit de manquer.
   
Côté mer, les 21, 22 et 23 avril prochains, Vincent participera au stage solo organisé par le Pôle Finistère Course au Large. Il lui faudra par la suite rejoindre Plymouth, ville de départ d’une transat qui réunit un très beau plateau de 60’. Sept mois avant le Vendée Globe, l’Atlantique sera le dernier terrain d’observation pour les solitaires qui en profiteront pour régler et s’approprier leurs machines avant le tour du monde.
   
 Vincent Riou : « Je sais où je veux aller »…  
  
Vincent, dans environ 7 mois tu seras sur la ligne de départ du Vendée Globe. Y penses-tu déjà ?
   
Le Vendée Globe, j’y pense tous les matins en me rasant depuis près de 4 ans déjà… depuis que nous avons décidé de repartir pour défendre notre titre ! C’est un projet tellement long et nécessitant un tel investissement de tous les jours que vous vivez forcément avec lui dans un coin de votre tête… Mais je n’ai pas plus de pression que les autres concurrents. Je suis serein, je sais d’où je viens, ce que je vaux et où je veux aller.
   
Quel est ton programme d’ici le 9 novembre ?
  
Sportivement, je n’ai qu’une échéance au programme avant le Vendée Globe : The Artemis Transat. Le départ est donné le 11 mai. Un ultime galop d’essai en course avant le grand rendez-vous… Pour le reste : préparation météo et finalisation technique du bateau, gestion des médias et opérations partenaires…
 

    




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