BOUYER LEROUX dans la course avec Vincent RIOUX sur PRB
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BOUYER LEROUX dans la course avec Vincent RIOUX sur PRB

Barcelona World Race

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 "POUR NOUS LA COURSE EST TERMINEE" - 08/12/07

  

La tête de mât de PRB a cassé ce matin sur 3 mètres de long. Les deux hommes sont sains et saufs. Ils vont regagner Cape Town sous voilure réduite sans demander assistance. Ils devraient rejoindre la terre ferme mardi ou mercredi. Dans une liaison avec le PC de la Course, Vincent s’est dit d’autant plus déçu que les deux hommes n’avaient pas hésité à lever le pieds depuis 24 heures. Vincent a précisé que « la course était terminée » 
   
Une course à la voile peut basculer en une fraction de seconde. Depuis le 26 novembre, grâce à une gestion parfaite du Pot au Noir, PRB menait la flotte. Sourire et bonne humeur de rigueur à bord. Hier soir, Vincent râlait légèrement d’avoir négocié moins bien le passage de la première « porte de glaces » que Paprec Virbac 2. Mais rien de plus que la réaction d’un compétiteur et surtout pas de quoi perdre son sang froid. Alors que les chasseurs – et plus particulièrement Hugo Boss auteur de records sur 24 heures à répétition – allumaient le feu, Vincent et Sébastien Josse disaient leur volonté de poursuivre sur un rythme relativement sage. Le Grand Sud a, il est vrai, le pouvoir de ramener à la raison le navigateur le plus téméraire. Et de raison, le duo de PRB n’en manque déjà pas en temps normal. Alors, dès que la mer a commencé à rappeler qu’elle est ici dans son royaume, autorisée à se défouler sur des dizaines de milliers de milles sans rencontrer d’obstacles terrestres à son impétuosité, ils ont un peu plus levé le pied. Qu’importe quelques milles de perdus quand la course folle autour de l’Antarctique ne fait que débuter. Bref jusqu’en milieu de matinée, tout allait bien à bord de PRB. A l’intérieur du bateau, les deux hommes se protégeaient sans doute quelques minutes d’un froid de plus en plus vif. Plusieurs fois dans la nuit, le monocoque avait planté dans les vagues mais sans plus de conséquences qu’une légère montrée d’adrénaline. A chaque fois, le pilote automatique veillait et remettait PRB sur les bons rails. Le vent, il est vrai, « ne » souffle qu’à 25 nœuds. Rien de dantesque. Ce planté là n’avait rien de différent, pas plus brutal ni plus inquiétant. Juste de quoi jeter un coup d’œil à l’extérieur. Et apercevoir 25 mètres plus haut un bout du mât pendouiller dans le vide. Trois mètres soustraits en tête d’un mât qui lui n’est heureusement pas tombé. Les mots sont rares, juste énoncés pour coordonner les manœuvres à faire : affaler les voiles, s’assurer de la tenue du mât et ne pas rester trop longtemps à sec de toile dans une mer qui n’a cure de ce qui vient de se jouer. Peu de temps après, une petite voile d’avant est gréée pour faire cap au nord et échapper vite à la méchante dépression qui s’annonce plus à l’ouest. Cet après-midi, dès que les vagues seront moins abruptes, il faudra monter là haut pour enlever le bout de mât qui menace de tomber. Il sera également temps d’affiner la navigation du monocoque blessé vers Cape Town distant de 630 milles. Mardi, mercredi au plus tard, les amarres seront lancées à l’équipe technique que l’on ne pensait pas revoir aussi vite. Il sera alors temps de songer au rapatriement en cargo vers la France, à l’analyse de l’avarie, aux meilleures façons de préparer la suite et le Vendée Globe dans un an. L’avenir reprendra alors tous ses droits et l’on se dira que mieux valait là qu’en plein milieu de l’Océan Indien ou dans un an en solitaire autour du monde. Mais pour le moment, on songe à ceux qui continuent leur route, aux chances de victoires qui s’effacent, au mot abandon que nul marin n’aime prononcer. Alors on lâche juste que « la course est terminée » et on s’avoue « déçu » ce qui veut tout dire chez les marins. Il fait décidément parfois bien sombre au pays de l’ombre. 
    
Interview de Vincent Riou au PC Presse de la Barcelona World Race à 12h30
Les circonstances : « Nous faisons route vers Cape Town avec la tête de mât qui pendouille. Ce matin nous naviguions moins vite que nos concurrents parce que nous voulions être prudents. Nous savions le coin peu fréquentable. Il y avait 25 nœuds de vent et nous naviguions sous pilote automatiques avec 1 ris dans la grand voile et sous geenaker. Nous étions tous les deux à l’intérieur. Toute la nuit le bateau avait planté régulièrement dans les vagues. Là, il a planté de nouveau mais pas plus que les autres fois. Nous avons eu de la chance de ne pas démâter.
   
La suite : "Maintenant nous faisons route sous petit foc. Une dépression arrive sur nous et plus vite nous aurons évacué la zone mieux ce sera. Nous devrions être à Cape Town dans trois jours environ. Dès que la mer sera calmée nous allons essayer de monter au mât pour descendre le tronçon qui pour le moment pend dans le vide. Nous avons eu la chance de récupérer tous les morceaux du mât et nous n’avons rien perdu à part deux voiles. Cela va nous permettre d’analyser s’il s’agit d’un problème de mise en œuvre ou de fabrication. Le mât est réparable mais pas à Cape Town. Pour nous la course est terminée. Nous allons nous occuper du rapatriement du bateau vers la France et prendre le temps du recul.
    
L’état d’esprit : "Nous sommes extrêmement étonnés. Les bras m’en tombent car nous étions depuis le départ dans une optique « course sage ». Nous vivions un moment difficile avec le retour des concurrents mais nous avions décidé de ne pas mettre le pied au plancher. Nous savions que la course était longue. Il n’était pas question de se laisser emporter par des concurrents qui s’emballent ou par les positions. Avec Sébastien, c’était notre manière de vivre cette course afin de rester lucides et en forme. Cela ne nous a pas servi à grand-chose car effectivement nous sommes en grande forme mais… en route vers Cape Town. Nous sommes extrêmement déçus. »

    

    

 LA TETE DE MAT DE PRB CASSE SUR TROIS METRES - 08/12/07

   

C’est à 10h45 HF que Vincent Riou a prévenu son PC à terre que la tête de mât de PRB avait cassé sur 3 mètres. Le monocoque orange naviguait au sud-ouest du cap de Bonne Espérance dans 25 nœuds de vent de nord-ouest avec 1 ris dans la grand-voile.
  
Vincent et Sébastien Josse étaient à l’intérieur quand le bateau a planté dans une vague. En sortant les navigateurs n’ont pu que constater la casse de leur tête de mât. Tous deux sont sains et saufs et ne demandent aucune assistance. Ils remontent vers le nord sous ORC seul (petite voile d’avant, ndr) pour éviter le plus fort d’une dépression qui arrive de l’ouest. Au moment de l’avarie, PRB se situait aux environs du 45° sud, à 630 milles de Cape Town, en deuxième position d’une course qu’il menait depuis le passage de l’Equateur.

    

     

 ACCELERATION DANS LE SUD - 06/12/07

  

PRB a repris la tête de la course depuis maintenant quatre jours et ne montre aucun signe de faiblesses. Le 60’ de Vincent Riou progresse toujours en avant d’un front froid et voit ses moyennes augmenter franchement : 16,9 nœuds sur les dernières 24 heures. Un rythme qui permet à Vincent et Sébastien de maintenir à distance raisonnable le Paprec Virabc 2 de Jean-Pierre Dick et Damian Foxall. Comme le duo de PRB, ces deux-là font depuis le départ de la capitale catalane une superbe course et ils ne lâchent rien. Paprec Virbac 2 affiche lui aussi de belles moyennes : 16,5 nœuds au dernier classement.
Décalés au vent des leaders, les poursuivants ont pour certains amorcés une remontée depuis 48 heures en traversant l’anticyclone que les leaders ont été contraints de contourner par le Sud. C’est le cas de Hugo Boss, l’avaleur de milles, qui a repris 87 milles en 48 heures sur PRB. On n’en attendait pas moins d’Alex Thomson qui a déjà montré à plusieurs reprises et sur d’autres courses, sa capacité à tirer le meilleur de sa machine particulièrement rapide dans la brise. Il affiche la meilleure moyenne lors du dernier classement avec 20,5 nœuds sur quatre heures ! Actuellement 4ème, il pourrait prochainement menacer Veolia Environnement pourtant bien accroché à sa troisième place. L’entrée dans le Sud sonne donc comme un coup d’accélérateur et la mise sous turbo d’une course de vitesse pour l’instant parfaitement maitrisée par PRB. On imagine d’ailleurs le plaisir qui doit régner à bord du monocoque vendéen. Vincent et Sébastien se languissaient en effet de retrouver des allures plus soutenues où le pilote automatique égale l’homme. Et même le « brouillard glacial » décrit par Vincent ce matin n’enlève rien à ce plaisir.

  

Vincent Riou à la vacation ce matin (8h00 HF) :
« Tout va bien à bord de PRB. On a 20 nœuds de vent et depuis une heure ou deux, on a recommencé à avancer plus vite. Là, nous sommes dans le brouillard, un brouillard glacial. On n’y voit pas à 6 mètres devant le bateau ! C’est ambiance un peu glauque au lever du jour. Mais nous sommes heureux d’arriver dans le sud. Dans quelques heures, on va toucher plus d’air, on va commencer à pouvoir allumer un peu et se faire plaisir. Dans 3 à 4 heures, on devrait marcher à 18 / 20 nœuds, ce sera un peu plus marrant. »

    

Classement établi à 17h00 (heure française) :
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 37,5 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 169,9 milles
4 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 200,6 milles
5 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 296,7 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 488,2 milles
7 - Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 764,5 milles
7 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 816,8 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 1 386,1 milles

   

 PRETS POUR LE SUD - 05/12/07  

 

Vincent Riou et Sébastien Josse ont été le premier équipage de la Barcelona World Race à entrer dans les quarantièmes. Le duo n’est pour autant pas encore dans ce que l’on pourrait appeler le vif du sujet. PRB progresse en effet dans 18 nœuds de vent à la vitesse moyenne sur quatre heures de 13,7 nœuds au classement de 17h00. Les poursuivants ont amorcé depuis hier une remontée sur les leaders à la faveur d’un flux plus soutenu. Ces conditions devraient leur être encore favorables pour les 24 heures à venir. Les écarts vont donc se resserrer mais pas suffisamment pour inquiéter le skipper de PRB qui analyse comme à son habitude très sereinement la situation. « Ceux de derrière arrivent avec de l’air. On repartira ensuite tous ensemble mais nous, devant, on devrait garder le flux un peu plus longtemps ». Rien de grave donc si ce n’est un petit coup d’accordéon. Les chasseurs ne sont d’ailleurs pas dupes en témoigne l’intervention de Jérémie Beyou en début d’après midi à la vacation. « Pour une fois, nous sommes mieux placés qu’eux mais pour être honnête, ce sera chacun son tour donc pas d’emballement » expliquait le skipper de Delta Dore actuellement à 318 milles de PRB.
Tous les bateaux ont actuellement la même stratégie conditionnée par le franchissement d’une première porte de glaces situé à la longitude du Cap de Bonne Espérance. L’objectif est de faire route directe sur cette porte et de gagner vite des conditions qui leur permettront de lâcher un peu la barre et d’allonger la foulée. Pour l’instant, rien n’est très sûr mais la première « prune » selon Vincent devrait être à négocier vers le 9 ou 10 décembre. Demain, le vent devrait fraîchir légèrement pour atteindre les 30 nœuds, « une tempête en Bretagne, pas ici » ironise t on à bord de PRB. C’est sûr qu’il en faudra plus pour intimider l’équipage affûté du monocoque vendéen. Si on cumule les expériences de Vincent et Sébastien, il entre pour la 5ème fois dans ces contrées qui font frissonner les plus terriens d’entre nous.
Vincent croisait pour la première fois dans ces mêmes eaux en solitaire il y a trois ans lors de son Vendée Globe victorieux. Pour Sébastien Josse, à la même époque, il s’agissait de la deuxième fois en raison d’un un tour du monde en équipage sur Orange un an avant. On ajoutera à son compteur qu’au début de l’année 2006, Sébastien naviguait encore dans le Sud à la tête de l’équipage ABN AMRO 2 sur la Volvo Ocean Race.
Si l’on évoque avec eux la préparation particulière pour cette navigation exigeante, Vincent et Sébastien parlent des douches prises respectivement hier et ce matin, peut être les dernières avant un bon moment et aussi des cirés, bonnets, harnais et brassières sortis des sacs. Revue de détails sur la vidéo du bord envoyée ce jour.

  

Vincent Riou cet après-midi à la vacation (extraits) :
« Nous sommes dans les mêmes conditions depuis ce matin. On progresse à 14 nœuds dans 18 nœuds de vent. La météo va faire que ceux qui nous poursuivent vont recoller. Ils arrivent avec de l’air puis on part tous dans plus de vent mais nous, devant, nous devrions garder cet air plus soutenu plus longtemps. Ca va faire un petit coup d’accordéon.»

  

Classement établi à 17h00 (heure française) :
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 34 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 178 milles
4 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 258 milles
5 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 318 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 506 milles
7 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 807 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 813 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 1 270 milles

  

 PREMIERS A ENTRER DANS LES QUARANTIEMES ? - 04/12/07 

  

Il y a trois ans, sur le Vendée Globe à la même période, Vincent avait déjà gagné son surnom de « Vincent Le Terrible ». Le duel avec Jean Le Cam battait alors son plein à l’approche du Grand Sud et le Roi Jean saluait par ce clin d’œil la vitesse de PRB, l’obstination et la finesse stratégique du bigouden. Cette fois, le scénario est différent puisque les acteurs ne jouent plus ici en solo mais en duo et qu’un plan Farr a pris les couleurs de l’ancien plan Finot-Conq. Pour autant, « Vincent le Terrible » est toujours aux avants postes « sous spi, tranquille » selon l’expression du skipper et anime le duel en tête de flotte avec cette fois Paprec Virbac 2. Avec Sébastien Josse, ils s’apprêtent même à entrer en tête dans les quarantièmes rugissants après 7 000 milles de course. Le Grand Sud approche et le paysage change. Le ciel commence à se griser depuis hier. Cette nuit, Vincent et Sébastien ont enfilé les cirés complets et ont même sorti les bonnets du sac. Et ce matin, les premiers albatros ont pointé leur bec. Un changement qui annonce l’accélération à venir de la tête de flotte de la Barcelona World Race. Tout cela n’est pas pour déplaire au skipper du 60’ vendéen. La descente de l’Atlantique a été longue et Vincent comme Sébastien sont impatients d’augmenter leurs moyennes. « On a hâte de tourner à gauche » résume Vincent. Mais il faudra attendre encore 24 ou 48 heures avant d’accrocher la première dépression et donc le train à grande vitesse du Grand Sud.
Pour l’heure, le duo s’est recalé sur la route et mène PRB à 100% de son potentiel même si, selon Vincent, les moyennes ne sont pas encore impressionnantes. En double, on peut s’attendre à ce que les speedometres s’affolent dans les jours à venir car le marin de Loctudy estime que le gain de vitesse au portant est de 10 à 15% par rapport à une navigation en solitaire. 31 milles devant Paprec Virbac 2, les deux hommes de PRB se relaient à la barre, ils y consacrent 12 heures par jour. Le rythme est intense mais après 23 jours de course, Vincent et Sébastien semblent être dans une forme surprenante. Un atout essentiel pour cette partie de course où la fraicheur physique et intellectuelle est indispensable. 

   

Vincent Riou cet après-midi à la vacation (extraits) :
« Le contournement de l’anticyclone a été particulièrement long et on est pressé de tourner à gauche. On n’attend pas tout de suite de vent plus fort même si c’est plus agréable de naviguer 2 ris / trinquette dans 35 nœuds de vent. Le passage de la Porte n’a rien modifié pour nous. On sait qu’entre 44 S et 55 S, il y a de la glace donc on ne serait de toute façon pas allé plus Sud d’autant que le centre de la dépression n’est pas si Sud que cela. Or là, si tu te retrouves à l’envers, c’est-à-dire au près, c’est beaucoup moins sympa. On attend de voir un peu à quel moment on va tourner. Quand il y aura de la brise, en double avec les bateaux nouvelle génération, on va faire de belles moyennes. Pouvoir barrer tout le temps est un net avantage. »

  

Classement établi à 17h00 (heure française) :
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 31 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 178 milles
4 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 287 milles
5 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 372 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 532 milles
7 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 782 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 841 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 1 153 milles
  

 L’OPTION OUEST CONTINUE DE PAYER POUR PRB - 03/12/07 

 

S’il y avait un classement des meilleures options, Vincent Riou et Sébastien Josse y trusteraient les places d’honneur. Leurs concurrents auront même à frapper un grand coup pour faire oublier celui réalisé ce week-end par l’équipage de PRB. En début de week-end, le monocoque vendéen est passé de deuxième à premier et possède maintenant une avance de près de 50 milles au moyen d’une trajectoire décalée dans l’ouest qui lui a permis de toucher, le premier, de la pression. Son plus proche concurrent, Paprec – Virbac bénéficie des mêmes conditions météo stables et les deux leaders continuent de creuser l’écart avec le peloton. Les deux leaders n’ont pour l’instant pas d’options à tenter pour se démarquer et seule la capacité des marins à faire marcher leurs montures fera la différence. Qu’ils soient devant ou derrière, tous les concurrent ont en tête la même chose : le Grand Sud qui s’apprête à « avaler » l’armada jusqu’au début de l’année prochaine. A bord de PRB, Vincent et Sébastien enfilent des polaires de plus en plus épaisses et se préparent à rentrer dans ce que certains appellent le « pays de l’ombre ». Vincent et Sébastien, habitués à ces hautes latitudes, font un tour complet de leur coursier et préparent déjà les voiles de brise.

    

Classement à 14 heures :
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 19 486 milles de l’arrivée
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 44 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 254 milles
4 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 386 milles
5 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 443 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 549 milles
7 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 663 milles
8 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 788 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 1069 milles

 

Vincent RIOU à la vacation du matin : 
« Nous sommes au portant, toujours le long de l’anticyclone. Tout va bien. On a gardé du vent donc une petite avance. Du coup, on est content. La vie est paisible à bord du bateau. On commence un peu à penser à notre arrivée dans les mers du sud; on regarde la météo et on prépare les voiles de brise. »
Au sujet de cette 4e semaine de course qui commence : « On ne compte ni les jours, ni les semaines, ni les milles, on se laisse vivre au rythme de la course. Il faut se sortir de ce contexte de temps. Ne pas entrer dans ce genre de considération aide à mieux vivre la course». 
     

 PRB ET PAPREC VIRBAC 2 : DUEL AU SOMMET - 29/11/07

 

La bagarre de tête entre PRB et Paprec Virbac 2 ne baisse pas en intensité en témoignent les vitesses moyennes des deux monocoques. Elles étaient tout simplement identiques avec 16,6 nœuds au classement de 15h00 ! Mais depuis le début de l’après-midi, l’avantage est à Jean-Pierre Dick et Damian Foxall pour quatre petites milles. Tandis que PRB affiche pour l’instant le meilleur temps de passage sur la troisième « portion » de course soit entre les Canaries et Fernando de Noronha –avant le passage du dernier Education Sin Fronteras-.
Décalés dans le Nord-Est du monocoque vendéen, Paprec Virbac 2 progresse dans les mêmes conditions que Vincent Riou et Sébastien Josse. Les deux équipages poursuivent donc leur course en tête à tête et à vive allure creusant nettement l’écart avec les poursuivants. Veolia Environnement a perdu 15 milles en 24 heures sur le duo de tête, Hugo Boss 35 milles, Delta Dore 51 milles et Temenos 66 milles. Un début d’hémorragie plutôt difficile à vivre pour certains. Dominique Wavre parlent de « frustration et d’amertume ». Pour Jérémie Beyou, qui a vu ce matin Hugo Boss fondre sur son Delta Dore pour finalement le passer sous le vent, il s’agit d’un « Tapis rouge pour les premiers ». Les duettistes vont bénéficier aujourd’hui de l’influence d’une petite dépression qui attire leur attention depuis quelques jours. Scénario probable : ils longent le front associé et prennent la poudre d’escampette au portant dans un flux soutenu tandis que la porte sera probablement moins ouverte pour leurs poursuivants. « Nous allons aussi être influencé par cette petite dépression mais plutôt dans son Thalweg » expliquait Jérémie Beyou à la vacation. Alors que le duo de tête ne va faire qu’accélérer, les suivants auront donc une petite zone de vents faibles à négocier en espérant toucher rapidement un flux plus soutenu. Cette fois encore, l’avantage est aux chassés.

 

Heure de passage à Fernando de Noronha et temps de parcours depuis les Canaries :
PRB - 27/11/07 à 17:49 - 8J 07H 14M
Veolia Environnement - 28/11/07 à 05:15 – 8J 09H 24M
Mutua Madrileña - 28/11/07 à 18:55 – 8J 10H 06M
Paprec-Virbac 2 - 27/11/07 à 20:04 – 8J 13H 03M
Temenos II - 28/11/07 à 17:16 – 8J 15H 50M
Hugo Boss - 28/11/07 à 14:01 – 8J 16H 03M
Delta Dore - 28/11/07 à 12:29 – 8J 16H 56M
Estrella Damm - 29/11/07 à 08:54 – 9J 07M 29M

 

Classement établi à 17h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 4 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 138 milles
4 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 257 milles
5 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 260 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 333 milles
7 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 353 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 497 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 759 milles

    

 VINCENT RIOU ET SEBASTIEN JOSSE, LEADERS SEREINS - 29/11/07

 

Alors que Vincent Riou et Sébastien Josse s’apprêtent à jouer l’une des cartes les plus importantes de cette Barcelona World Race, la gestion de l’anticyclone de Sainte Hélène et l’entrée dans les 40ème, l’ambiance est incroyablement détendue à bord du monocoque vendéen. Les deux hommes sont apparus tout sourire à la visioconférence, en short, pieds nus avec toutefois un haut de ciré pour éviter trop d’humidité. Difficile il est vrai de rêver une meilleure position après 18 jours de course sauf à vouloir être trop gourmant puisque PRB domine la flotte et progresse dans des conditions stables d’alizés de Sud-Est flirtant avec les meilleures vitesses depuis le départ de Barcelone – 16,3 nœuds pour PRB sur 4 heures au classement de 15h00-. L’écart de 5 milles avec Paprec Virbac 2 au dernier classement minimise d’ailleurs légèrement l’écart réel entre les deux bateaux puisque PRB, plus éloigné de la route directe, navigue par contre 25 milles plus au sud que son poursuivant.
Vincent et Sébastien sont « à fond, vent de travers » comme le décrivait le skipper à la vacation. Le moral est donc à son zénith d’autant que l’arrivée dans les 40èmes semble limpide. « Le passage de l’anticyclone de Sainte Hélène est assez simple aujourd’hui. Les différents modèles s’accordent sur la position des grands systèmes, c’est-à-dire Sainte Hélène et le front froid d’Amérique du Sud, donc il n’y a pas cinquante chemins pour faire le tour de l’anticylone » expliquait Vincent. Même si quelques décalages sont à noter - Paprec Virbac 2 est par exemple un peu plus dans l’Est -, tous devront longer le front froid d’Amérique du Sud pour éviter les pièges de Sainte Hélène et attraper la première dépression australe.
PRB et Paprec Virbac 2 auront certainement d’ici là creusé l’écart avec leurs poursuivants en profitant d’un flux plus soutenu généré par une petite dépression secondaire située actuellement sur la corne brésilienne. En attendant, la course de vitesse engagée en tête va se poursuivre. Le vent va adonner progressivement dans les heures qui viennent et les spis devraient être envoyés dans la journée de demain pour atteindre encore de belles moyennes. A noter que PRB, comme à priori Paprec Virbac 2, s’exprime toujours à 100% de son potentiel. Comprenez qu’aucun problème technique ne vient brider la vélocité des deux 60’. Une réalité qui a permis à Vincent de rendre hommage à son équipe technique. « Nous sommes très fiers du travail effectué par toute l’équipe. Le bateau est aujourd’hui dans le même état qu’au départ. On va essayer de garder PRB comme cela le plus longtemps possible » confiait-il. Car s’ils ne sont que deux en mer, il faut rappeler qu’ils sont une petite dizaine à avoir bichonné PRB jusqu’à la dernière minute dans l’espoir de le voir vite en tête de la course. C’est chose faite. Vincent et Sébastien ont maintenant la lourde charge de faire durer ce plaisir… avec déjà un atout sérieux : la progression en tête vers les 40èmes.

  

Vincent Riou en début d’après midi :
« Nous sommes à fond dans l’alizé, vent de travers. Cela change de la première semaine de la course. Cela fait deux jours qu’on est à 15 nœuds. On voit des milles qui tombent tous les jours par rapport à nos poursuivants donc cela nous donne le moral. Le passage de l’anticyclone de Sainte Hélène est assez simple aujourd’hui. Les différentes modèles s’accordent sur la position des grand systèmes, c’est-à-dire Sainte Hélène et le front froid d’Amérique du Sud, donc il n’y a pas cinquante chemins pour faire le tour de l’anticylone. Avec Paprec Virbac 2, nous avons une opportunité d’accrocher une dépression secondaire et de bénéficier d’un flux plus soutenu que nos poursuivants. Il va falloir être opportunistes. Les modèles nous mettent dans moins de 10 jours à quelques milles de la première porte des glaces mais cela ne veut pas dire que nous allons partir avec tout de suite car l’anticyclone est assez Sud. On sera probablement toujours sous son influence. »

  

Classement :
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 5 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 134 milles
4 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 238 milles
5 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 240 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 305 milles
7 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 321 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 432 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 722 milles
   

 AU SUD, UN MONDE, PRESQUE A L'ENVERS - 27/11/07

  

En passant progressivement avec armes et bagages au sud, la flotte rencontre une situation changeante. A croire qu’il n’y a pas que l’eau qui se met à tourner dans le sens inverse dès l’Equateur franchi.
Inversion donc, pour commencer, entre le duo de tête : la descente de l’Atlantique nord a vu Paprec Virbac 2 imposer son rythme, on sait que grâce à une meilleure gestion du Pot au Noir, c’est maintenant PRB qui ouvre le bal avec 7 milles d’avance. Inversion des allures : si spinnakers et gennakers ont été de mode au nord, l’alizé de sud-est impose une partition plus près du vent. Ambiance shaker dans 2 à 3 mètres de houle au lieu des glissages de l’autoroute du nord… Pas forcément plus agréable même si plus stable et paradoxalement moins fatiguant, le pilote automatique faisant très bien l’affaire. Tout aurait changé donc ? Pas la chaleur pour le moment même si en gagnant vers le sud les monocoques vont davantage s’en éloigner que s’en rapprocher. La physionomie globale de la course reste, elle aussi, relativement identique : au sud comme au nord, elle ne prête pour le moment qu’aux riches. Car s’il est inversé, le duo de tête continue à creuser l’écart sur un peloton emmené par Veolia Environnement et Delta Dore à 116 milles et 219 milles de la poupe arrière de PRB ! Cela pourrait même empirer si une dépression orageuse sensible à partir du 30ème sud confirme son installation. Parions que les poursuivants du duo de tête espèrent du sud une plus grande répartition des richesses.
 

Vincent Riou en début d’après midi :
« Les poursuivants ont eu un passage du Pot au Noir plus difficile comme on s’en doutait. Pour nous, le vent est bien rentré. Nous avons désormais 17-18 nœuds de vent. On va accélérer. Il fait chaud et c’est très humide. Ce ne sont pas des conditions top mais il va falloir qu’on s’y habitude. Le reaching à fond, nous en avons pour une semaine. »

 

Classement :
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 7 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 116 milles
4 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 219 milles
5 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 242 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 275 milles
7 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 281 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 492 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 646 milles 
   

 PRB SORT EN TETE DU POT AU NOIR - 26/11/07

 

Le Pot au Noir était le premier col de catégorie 1 de ce tour du monde. Vincent Riou et Sébastien Josse s’étaient préparés autant que l’on peut pour ce passage si difficile à anticiper. Aussi cartésien l’un que l’autre, ils ont choisi de l’aborder par l’Ouest car la théorie y annonce le Pot moins profond qu’ailleurs et qu’en prime, cela leur permettait d’être mieux placés pour la troisième porte du parcours à Fernando de Noronha. A cela, il faut aussi ajouter évidemment une dose de feeling à propos d’une zone météorologique difficile à bien « sentir ». La formule « carteso-intuitive » leur a visiblement fort réussi. Entrés dans la Zone de Convergence Intertropicale avec 50 milles de retard sur le leader Paprec Virbac 2 –classement du 24 novembre à 14h00, ndr-, ils en ressortent en tête avec 25 milles d’avance sur Jean-Pierre Dick et Damian Foxall. Ce midi, Vincent et Sébastien progressaient au reaching dans 13 nœuds de vent et s’estimaient sortis de la zone piégeuse. « Nous avons eu de la chance car nous sommes passés de jour. Tout cela était donc plus facile à gérer. Cette nuit, nous avons eu de la pression quasiment tout le temps. Ce n’était pas très facile mais nous avons bien négocié la situation » raconte Vincent. Le jeu des chaises musicales leur est d’autant plus favorable que l’écart avec les poursuivants devrait se creuser encore un peu plus dans les heures à venir. Le troisième, Veolia Environnement compte au classement de 15h, 94 milles de retard mais n’est pas encore sorti du Pot au Noir.
A bord de PRB, l’ambiance est forcément au beau fixe car on sait l’importance d’une belle descente de l’Atlantique sur une circumnavigation : « C’est toujours mieux d’être devant sur cette partie de la course. Il peut déjà y avoir des écarts et après, c’est dur de revenir. Les seules opportunités qui se présentent pour la suite sont la Nouvelle Zélande et le Cap Horn » explique le skipper de Loctudy. On l’aura compris, reprendre les commandes ne déplait pas au duo de PRB par contre, cela ne changera en rien leur stratégie de course adoptée depuis le départ de Barcelona. Bien naviguer et rester attentifs sans forcément se préoccuper de la marche des autres, voilà les mots d’ordre. La suite justement ? Et bien, comme souvent depuis le début de ce tour du monde, les deux modèles météo – l’européen et l’américain, ndr - s’opposent. « L’un nous fait descendre tranquillement. L’autre dit que les riches deviendront plus riches. Il faut voir, ce sont des prévisions à 7 jours donc il n’y a rien de défini » analyse Vincent. On peut compter sur les deux hommes pour trouver la formule qui fera fructifier le pécule déjà versé au…Pot.

 

Interview de Vincent Riou :
« Nous avons eu les derniers signes du Pot au Noir en fin de matinée. Nous n’avons jamais été vraiment arrêtés. Par contre, cela a ralenti puis redémarré sans cesse. On ne s’attendait pas à ce que le Pot au Noir descende si Sud. Il est en train de se développer pour que ceux qui suivent, cela risque d’être plus dur. Souvent il est plus facile à passer par l’Ouest mais je crois qu’on l’avait un peu oublié. C’est vrai que sur les dernières Transat Jacques Vabre, certain s’en sont bien sortis par l’Est. A la sortie du Pot au Noir, on aura peut être 100 milles d’avance sur Bilou. Une fois de plus, cela part par devant. Pour la suite, cela ne change rien d’être en tête, on continue d’adopter la même stratégie. A savoir, bien naviguer.»

 

Classement établi à 15h00 (heure française) :
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 25 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 94 milles
4 – Hugo Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 155 milles
5 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 159 milles
6 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 175 milles
7 - Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 193 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 257 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 613 milles
 

 PRB JOUE L'OFFENSIVE -  25/11/07

 

Avec le temps, le Pot au Noir a perdu de sa noirceur. Dépourvus de fichier météo et plus encore des photos satellites qui permettent de deviner l’évolution des nuages en temps quasi réel, les voiliers d’antan pouvaient y rester encalminés des jours. Aujourd’hui, du moins pour les véloces voiliers de course qui le traversent, ce n’est plus vrai. Reste qu’entre des bateaux aux performances très proches et qui se disputent les courses autour du monde désormais à coup d’heures (bientôt de minutes ?), la zone de convergence intertropicale constitue l’une des parties charnières où les écarts peuvent se faire ou… se défaire. Entre Paprec Virbac et PRB on est plutôt pour le moment dans ce deuxième phénomène puisque depuis ce matin l’écart entre les deux bateaux a fondu de près de 40 milles. Depuis 7 heures du matin, la vitesse du leader a largement diminué, signe que le plan Farr de Jean-Pierre Dick et Damien Foxhall subit les méfaits de la Zone de Convergence Intertropicale. La maigre avance de 9 milles constatée à 14 heures est-elle appelée à s’effacer plus encore, voir à s’inverser en faveur de PRB dans les prochaines heures ? La vitesse toujours supérieure du monocoque N°85 (10,9 nœuds contre 6,6 nœuds pour Paprec Virbac) pourrait le laisser supposer. La réalité sera peut-être plus complexe. Un premier scénario, relativement classique, pourrait sourire à Dick et Foxhall : celui du coup d’accordéon. Sachant que le Pot au Noir s’étend sur plusieurs degrés en latitude, le premier à rentrer dedans perd inévitablement des milles qu’il récupère ensuite à la sortie. Ce « je paye à l’entrée mais j’encaisse à la sortie » exige des nerfs solides de celui qui est chassé car la moindre zone de calme peut évidemment perturber la pièce. Seulement voilà, PRB ne suit pas le même chemin que le leader… C’est le résultat du décalage ouest décidé par Vincent Riou et Sébastien Josse voici quelques jours afin de contourner l’archipel des îles du cap Vert. Résultat : cette option programmée à moyen terme permet aujourd’hui à PRB d’aborder le pot au Noir plus à l’ouest. Et ce que l’on constate pour le moment ne joue pas en faveur du leader : par 5°18 nord, soit une latitude qui voyait déjà ce matin Virbac Paprec considérablement freiné, PRB avance lui à plus de 10 nœuds. Certes dans le Pot au Noir – « c’est gris, il pleut, le vent va dans tous les sens » précisait Vincent à la vacation de 15 heures – mais loin d’être aussi ralenti que le premier. A bord l’ambiance n’était d’ailleurs pas la même : souriants et manifestement reposés, Vincent et Sébastien se sont relayés en visio conférence, la caméra laissant entrapercevoir à l’extérieur le second en train de lover calmement les écoutes. A l’inverse, Jean-Pierre Dick a juste décroché son combiné de téléphone pour laisser tomber, visiblement inquiet : « On est en pleine manœuvre. C’est impossible de vous prendre maintenant. Le vent vient de changer et c’est un peu chaud ». On peut penser que la situation va s’inverser dans les heures à venir. Peut-être… Mais peut-être pas ce qui évidemment rajoute en tension sur le bateau leader qui sait que son chasseur a réussi à se décaler. Les heures à venir pourraient donc être importantes dans le duel qui oppose Virbac Paprec à PRB depuis le départ. Si les prévisions météos dont Vincent dispose se confirment – il voit la sortie du Pot au noir vers 2°30 en latitude – PRB devrait toucher les alizés de sud-est demain matin. Mais prudence, car le propre du Pot au Noir, moyens de surveillance satellitaire ou pas, c’est de prendre rapidement ses aises avec un avenir trop tôt prédit d’où l’avertissement de Vincent : « on peut aussi bien n’en sortir que demain soir ». Dans les deux cas, devant ou derrière Virbac Paprec ? On aura compris que les deux sont possibles. Mais que les sourires à bord de PRB nous inciteraient à parier pour la première possibilité…

 

Interview de Vincent Riou :
« Le Pot au Noir ? Ca y ressemble en tous cas. Il n’y a pas de garde-barrières pour le moment ni d’arrêt buffet mais c’est gris, il pleut et le vent va dans tous les sens. On doit y être donc… Neuf milles d’avance : on est loin de se frotter les mains car tant qu’on n’a pas atteint le 2° de latitude nord (PRB naviguait alors par 4°, ndr) ce n’est pas fini. Mais c’est mieux d’avancer pendant que les autres sont freinés (sourire). On fait beaucoup de manœuvres et de changement de voile mais franchement on n’est pas fatigués. On s’est bien relayés dans les Alizés et la bonne humeur règne à bord. Autant que je me rappelle, j’ai toujours passé le Pot au Noir comme une fleur. Pourvu que ça dure ! »

 

Classement établi à 15h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 9,2 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 80 milles
4 –Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 171 milles
5 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 178 milles
6 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 223 milles
7 - Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 239 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 313 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 691 milles 
 

 PRB ROMPT LE TRAIN-TRAIN - 23/11/07

 

Pas de prise de risques à bord de PRB. Vincent Riou et Sébastien Josse l’avaient décidé tôt hier : ils voulaient laisser le Cap vert à l’Est et ne pas s’engager dans l’archipel afin d’éviter au maximum les risques de dévent. Un choix différent de celui du leader Paprec Virbac et visiblement inspiré puisque PRB a progressé toute la nuit dans un alizé oscillant entre 18 et 20 nœuds. En ce début d’après midi, le vent était un peu plus soutenu, entre 20 et 25 noeuds. Mais, le choix de route de Vincent et Sébastien a surpris ce matin d’autant qu’avec un cap à l’ouest et donc un écart de 90° avec la route –le duo était contraint de tirer des bords pour ne pas se retrouver vent arrière-, le monocoque vendéen semblait avoir perdu franchement sur le leader Paprec Virbac. PRB était en effet pointé en 3ème position à près de 100 milles de retard… « Nous sommes vraiment aller chercher le bord du cadre pour éviter toute perturbation » expliquait un Vincent Riou serein. Depuis, les choses sont effectivement « rentrées dans l’ordre » puisque Vincent et Sébastien ont retrouvé leur place de second avec une distance au premier qui ne cesse de se réduire à chaque classement. A 15 h heure française, elle était de 53 milles.
A bord de PRB, il ne s’agissait pas seulement de gagner dans l’Ouest pour éviter les îles. L’enjeu à venir, on le sait, est important puisque la flotte devrait arriver aux abords du Pot au Noir entre demain et après-demain. Vincent et Sébastien souhaitaient donc aussi se placer pour ce passage de l’Equateur et pour la troisième porte du parcours de cette Barcelona World Race située à Fernando de Noronha. L’empannage effectué ce matin devrait donc permettre au monocoque orange de rejoindre l’Equateur en un bord. Et selon, Vincent, PRB pourrait ne pas être trop ralenti par la zone de convergence intertropicale – on peut préférer le poétique Pot au Noir comme appellation - particulièrement piégeuse. « Nous sommes partis pour l’attaquer par l’ouest, entre les longitudes 28 et 29. En général, c’est plus simple de passer par là. Et lorsqu’on va arriver dessus, a priori, il ne sera pas très actif » racontait le skipper de PRB en début d’après-midi. C’est donc d’ici 48 à 72 heures que l’on pourra juger de la pertinence de la route effectuée par PRB. « Au pire, on sera comme avant avec Paprec Virbac » racontait Vincent en ce début d’après midi. Et au mieux ?

 

Interview de Vincent Riou :
« Nous en voulions pas faire une trajectoire compliquée avec Sébastien. Nous avons choisi de descendre vers le Pot au Noir en un bord. Nous avons déclenché notre empannage pour aller en ligne directe vers le Pot au Noir, c’est ce qui a guidé le moment où nous avons choisi d’empanner. Ce matin, nous avions entre 18 et 20 nœuds. Là, nous avons plutôt 20 à 25 noeuds. Nous sommes sous spi avec des pointes à 20-22 nœuds. Ca commence à bien allumer. On va se laisser glisser comme cela vers le Pot au Noir. Nous avons un après midi encore tonique et puis derrière, ça va mollir. On ne sait jamais ce qui va se passer au Pot au Noir mais a priori, cela devrait être assez facile. On devrait le passer entre les longitudes 28 et 29. Nous avons bien trouvé nos marques à bord mais on barre quasiment tout le temps. On sait que bientôt, il sera plus facile de mettre le pilote et donc de se reposer.»

 

Classement établi à 15h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 53 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 94 milles
4 –Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 134 milles
5 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 168 milles
6 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 173 milles
7 - Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 218 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 226 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 562 milles

 

 PRB DANS LE MATCH DE VITESSE - 22/11/07

  

A l’issue du set « dorsale anticyclonique », l’avantage est toujours à Paprec Virbac. Jean-Pierre Dick et Damian Foxall ont été les premiers à envoyer leur spi dans l’alizé. Mais PRB n’a pas trainé lui non plus à accrocher le vent portant et le monocoque vendéen se maintient dans la position du chasseur à seulement 33 milles du leader soit quasiment le même écart qu’au passage des Canaries. Les deux bateaux qui avaient fait le choix d’une option Est après l’archipel se sont bien sortis d’une situation météo pourtant délicate. PRB, le plus à la côte, est tombé à plusieurs reprises dans des zones sans vent alors que Paprec Virbac, légèrement plus décalé dans l’Est, semblait toujours bénéficier d’un peu plus de pression. Difficile de desserrer les dents dans l’un des moments les plus cruciaux de ce début de course.
Mais on le sait, les premiers à toucher les alizés vont nécessairement creuser l’écart avec les poursuivants. Pour preuve, au dernier classement, PRB affichait une moyenne sur quatre heures de 15,5 nœuds contre 13,2 pour Veolia Environnement 3ème et 10,6 pour Delta Dore 4ème. Vincent et Sébastien peuvent donc enfin souffler après 36 heures quelque peu stressantes. Leur attention n’était pas exclusivement centrée sur les faits et gestes de Paprec Virbac car la menace venait aussi de l’Ouest, c’est-à-dire de Veolia Environnement. Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias ont en effet effectué un très joli coup après avoir passé bien plus d’un sale quart d’heure sous le vent de Las Palmas. Veolia Environnement accusait 132 milles de retard il y a deux jours et devait se contenter d’une septième place. Mais depuis hier, le retour aux affaires fracassant du duo Jourdain/Nélias a surpris tout le monde à commencer par les leaders… En partant plus tôt avec l’alizé, PRB a réussi à se mettre à l’abri des partisans de l’ouest. Jean-Luc Nélias estimant même à la vacation de ce midi que leur option ne paierait pas davantage car selon les fichiers de vent, les plus Sud devraient bénéficier d’un flux plus important au passage du Cap Vert. Une affirmation confirmée par le classement de 15h puisque Veolia Environnement a en effet été contraint d’empanner pour aller chercher la pression plus au Sud. Même son de cloche chez Jérémie Beyou qui pense la mort dans l’âme, ne pas revoir les leaders avant la Nouvelle Zélande ! Il est vrai que personne pour l’instant n’a réussi à venir jouer les trouble fête dans le duel de tête mais l’arbitrage peut aussi venir de la suite toute proche à savoir le passage du Cap Vert puis, surtout du Pot au Noir… Si la vitesse prend une part importante dans cette portion de course, reste aussi une part de stratégie et notamment le choix des empannages pour le Cap Vert et l’équateur. C’est dire si la Nouvelle Zélande est encore bien loin.

 

Interview de Vincent Riou :
« On est enfin dans le sud est de l’anticyclone des Açores. On est au portant depuis hier après-midi. On a entre 15 et 20 nœuds de vent au portant. Les conditions ne sont pas encore super agréables, il fait froid et gris ; mais demain le soleil devrait être au rendez-vous.
On n’est pas très fier de notre option à terre ; mais on ne s’en sort pas si mal. Il y a un 3ème larron dans le jeu maintenant. On verra au passage du Cap Vert si Veolia Environnement a sorti son épingle du jeu. Pour PRB, tout dépend si l’on parvient à bien allonger dans les 12 prochaines heures et donc si l’on arrive sur zone avant lui.
Actuellement, on se positionne pour passer le Pot au Noir et aussi la porte n°3 de Fernando de Noronha. Au milieu, il va falloir négocier le passage de l’archipel du Cap Vert ; un passage près des îles reste toujours compliqué à gérer ! (…)
On essaie de dormir car la nuit précédente a été un peu mouvementée avec beaucoup de manœuvres. Avec Séb, on est organisé en quart et on se repose chacun son tour. »

 

Classement établi à 15h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 33 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 99 milles
4 –Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 171 milles
5 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 175 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 192 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 230 milles
8 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 487 milles
NP - Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 193 milles

   

 C'EST REPARTI POUR PRB - 21/11/07

 

Vincent Riou et Sébastien Josse ont bataillé cette nuit pour venir à bout d’une dorsale anticyclonique récalcitrante et décidemment pas décidée à laisser descendre les deux bateaux leaders dans le Sud. Empannage après empannage, les deux skippers ne se sont pas épargnés pour sortir au mieux de cette zone mais toute la volonté du monde ne suffit pas à compenser des conditions de vent très en deçà de celles annoncées par les modèles. L’option proche des côtes mauritaniennes s’est en effet avérée peu payante pour PRB et Paprec-Virbac qui n’ont pas perdu leur leadership mais ont vu revenir au grand galop Veolia Environnement. Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias, ont pris une route au large grâce à laquelle ils ne sont jamais descendus sous les neuf nœuds quand leurs camarades peinaient à trois nœuds à peine sur une houle consistante. A cette vitesse là, les classements évoluent vite, « Bilou » a remonté la moitié de la flotte grâce à cette prise de risque et passe de statut de suiveur à celui d’attaquant. L’hémorragie de milles à cependant pris fin avec le passage, ce matin, de la dorsale et l’arrivée du flux de nord qui va avec. Les deux circumnavigateurs ont donc retrouvé du vent et la possibilité de récupérer un peu de leurs éprouvantes dernières 24h00. PRB est relancé dans sa chasse au bateau bleu de Jean-Pierre Dick et Damian Foxall. Les deux skippers veilleront également à ce que Véolia Environnement arrête ici sa progression. Vincent et Sébastien évoluent maintenant sous spi, lancés en route directe vers le Pot Au Noir. Ils savourent par avance les alizés promis pour demain matin.

 

Interview de Vincent Riou :
« Après le passage Des Canaries, les prévisions nous envoyaient vers les côtes africaines. Depuis, les choses ont pas mal évolué. Nous faisons avec les conditions que nous avons. La nuit dernière n’a pas été facile. On s’est débattu avec les éléments pour avancer tant bien que mal. Là on a retouché du vent. D’ici moins de 24 heures, on sera dans les alizés. Pour prendre nos décisions, on consulte les deux modèles, c’est-à-dire américain et européen. Aux passages des Canaries, les deux nous faisaient passer le long des côtes africaines même si on savait qu’il y avait une zone délicate. Après, le choix, il faut l’assumer, on ne peut plus faire marche arrière. Au moment du choix, nous étions devant et nous n’étions que deux bateaux à avoir passé les Canaries. Donc on ne s’est pas basé sur le choix de route des autres mais uniquement sur la météo. Avec Paprec Virbac, nous avons eu la même démarche. Le fait que ça passe dans l’Ouest ou le long des côtes se joue à très peu de chose. Il faut savoir être joueur car on ne gagne pas à tous les coups. Il faut être un peu fataliste mais c’est plus facile de l’être sur un Tour du Monde que sur une petite course. Là, on est encore loin de l’arrivée donc on peut perdre un peu, ce n’est pas trop grave. Nous avons trouvé notre rythme avec Sébastien. Nous sommes un peu fatigués par la nuit dernière mais ça va. Nous n’avons pas encore trop tapé dans nos ressources. »

 

Classement établi à 16h00 :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 28 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 44 milles
4 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 84 milles
5 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 96 milles
6 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 101 milles
7 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 114 milles
8 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 126 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 384 milles
   

 ETRE LE PREMIER AU RENDEZ-VOUS DE L'ALIZE - 20/11/07

 

Pour PRB, les dernières 24 heures ont été particulièrement favorables. Tout d’abord, Vincent Riou et Sébastien Josse ont réduit leur écart de 10 milles sur le leader Jean-Pierre Dick. Ils ont également relégué leur premier poursuivant, désormais Hugo Boss, à près de 70 milles de leur tableau arrière. Veolia Environnement a été le principal perdant de cette nuit sans sommeil. Au classement de 15h00, Roland Jourdain et Jean Luc Nélias ont perdu quatre places et progressent à 132 milles du leader.
Mais les heures qui viennent s’annoncent particulièrement stratégiques. Le duo de PRB attendait hier soir avec impatience les derniers fichiers météo pour faire un choix important à savoir aller dans l’Ouest ou se rapprocher des côtes africaines dans l’espoir d’être le premier à toucher l’alizé. Et c’est l’Est qui a remporté les faveurs du monocoque orange tout comme celles de Paprec Virbac. Les deux leaders progressent donc actuellement le long du Sahara occidental toujours au près mais dans l’attente de toucher du vent de Nord d’ici quelques heures. Hugo Boss a lui aussi choisi de se rapprocher des côtes. Delta Dore et Veolia Environnement ont quant à eux fait le pari de l’Ouest, un choix de route différent mais quelque peu imposé pour tenter de refaire leur retard.
Pour les deux acteurs du match racing de tête, l’enjeu est d’être le premier à se glisser sous l’anticyclone qui leur barre actuellement la route. Le danger ? Les calmes qui ont donné ce matin quelques sueurs froides à l’équipage de Paprec Virbac. Pendant deux heures, le leader a été fortement ralenti avant de retrouver de nouveau du vent. Mais ni lui, ni PRB n’a pour l’instant trouvé la porte de sortie ou plutôt la porte d’entrée vers l’alizé. Sébastien Josse prévoit de toucher ce vent portant demain. Sous spi, PRB déboulera alors vers le Brésil pour rejoindre la troisième porte de passage de ce tour du monde. De quoi redonner le sourire à Vincent et Sébastien qui ne cachent pas leur hâte de flirter enfin avec les vitesses qui vont si bien à PRB. On peut imaginer qu’à bord du 60’, l’heure n’est pas au repos car les deux hommes ne laisseront pas passer la moindre opportunité d’être les premiers à envoyer leur voile ballon !

 

Interview de Sébastien Josse ce matin :
"Les conditions la nuit dernière ? Pas très ventées comme d’habitude ! PRB avance au près. Nous regardons ce que fait Paprec-Virbac 2 mais nous suivons notre propre route. Nous faisons avec ce que nous avons et comme nous pensons que c’est bien. Demain, nous devrions toucher un flux de nord donc on peut dire que ce sera le début des alizés. Maintenant, te dire que ça va être une délivrance… ça dépendra si nous sortons ou non devant Paprec-Virbac 2 ! C’est certain, PRB ira plus vite donc ce sera mieux pour notre mental ! »

 

Classement établi à 15h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 26 milles
3 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 95 milles
4 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 108 milles
5 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 122 milles
6 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à 123 milles
7 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 132 milles
8 - Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 181 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 404 milles

 

 PRB, DEUXIEME AUX CANARIES - 19/11/07

 

PRB a été le deuxième monocoque de la Barcelona World Race à passer la porte du parcours (passage dans l’Est de Gran Canaria, île du centre de l’archipel des Canaries). Vincent Riou et Sébastien Josse ont franchi la latitude 28°08’ N dans l’Est de l’île à 11h35 ce matin soit 3 heures et 14 minutes derrière Paprec Virbac, toujours leader de la course. Une satisfaction pour le duo de PRB qui n’a jamais quitté les deux premières places de la course depuis le départ de Barcelone.
Même s’il n’y a rien de décisif, force est cependant de constater que Paprec Virbac avait également été le premier à pointer son étrave en Atlantique après Gibraltar. C’est également là, à la faveur d’une route plus ouest, que Jean-Pierre Dick et Damian Foxall ont creusé légèrement leur écart. Avance qu’ils ont réussi à consolider un peu plus cette nuit.

 
Au passage de l’archipel, Vincent et Sébastien ont récolté les fausses notes d’un petit coup d’accordéon. Le skipper de PRB l’avait prédit hier. En approchant des îles de nuit, il craignait le dévent généré par un relief chaotique et un vent venant de terre… Le scénario a bel et bien été celui là. Conséquence directe : le duo a perdu un peu de terrain sur les leaders. Aujourd’hui, au classement de 15h00, 37 milles séparent PRB de Paprec Virbac. Et surtout, les poursuivants ont réduit leur écart avec Paprec Virbac et PRB. Veolia Environnement et Delta Dore ont gagné chacun près de 30 milles sur l’équipage Dick / Foxall. Ils restent cependant à bonne distance du duo de tête puisque Veolia Environnement est à 77 milles de Paprec Virbac au classement de 15h00 et Delta Dore à 78 milles soit respectivement à 40 et 41 milles du tableau arrière de PRB.

 
Et c’est visiblement au tour des poursuivants de subir les effets de côtes. A la vacation cet après midi, Jérémie Beyou avouait être arrêté juste sous les îles. L’accordéon pourrait alors jouer une mélodie plus favorable aux premiers qui semblaient, quant à eux, avoir retouché un peu de vent en ce début d’après midi. Jean Pierre Dick s’attendait même à devoir faire un choix difficile dans les heures qui viennent à savoir « prendre des risques pour aller dans le gros temps » ou… jouer les conservateurs. A bord de PRB, les mêmes questions se posent mais on imagine bien que ni Vincent, ni Sébastien ne compte être une troisième fois le dauphin pour la prochaine porte de passage à Fernandho de Norhona, une île réputée située à l’ouest du Pot au Noir. Auparavant, il faudra avoir géré le plus intelligemment possible une zone de hautes pressions située au sud des Canaries.

  
Heure de passage de la deuxième porte à l’Est de Gran Canaria :
1 – Paprec Virbac le 19 novembre à 8h21 (heure française)
2 – PRB le 19 novembre à 11h35 (heure française)

 

Classement établi à 15h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 37 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 77 milles
4 –Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 78 milles
5 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 132 milles
6 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan McKee) à  139 milles
7 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 155 milles
8 - Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 158 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à  427 milles

 

 LA PORTE DES CANARIES : OUVERTE OU FERMEE ? - 18/11/07

 

Il aura fallu un peu plus d’une semaine – la tête de la flotte devrait atteindre les premières terres de l’archipel cette nuit – pour voir les monocoques de la Barcelona World Race atteindre les Canaries. Une progression relativement lente donc mais normale vu les vents faibles qu’ont du négocier les neuf concurrents depuis le départ. Dans ces conditions, le bilan que nous a dressé ce matin Vincent Riou de la première semaine de course de PRB est globalement positif. Deuxième à 23 milles de Paprec Virbac qui a amassé cette petite avance en partant plus ouest dès la sortie de Gibraltar, Vincent et Sébastien ne s’en émeuvent guère : « en restant sur une route directe nous ne risquions pas de perdre grand-chose sur Paprec Virbac mais par contre nous pouvions gagner beaucoup s’il s’avérait qu’une brise de nord-est s’installait le long de côtes africaines. Dans ce cas lui n’aurait pas pu se recaler, nous si… Cela ne s’est pas passé ainsi, tant mieux pour Jean-Pierre et Damien mais un tour du monde se joue sur la longueur ». On aura compris qu’à bord de PRB, la stratégie n’est pas à la prise de risques mais à une gestion raisonnable de la course en attendant des rounds autrement décisifs. L’essentiel était de ne pas concéder un retard à même de vous renvoyer dans un système météo différent des premiers. L’objectif est évidemment atteint. Qu’en est-il pour le peloton qui suit à près de 100 milles derrière le leader ? Vincent reste incertain : « si nous négocions bien  les Canaries nous pourrions encore creuser l’écart avec ceux de derrière car ensuite il y a deux ou trois jours de navigation dans des conditions anticycloniques. Mais nous n’arrivons pas vraiment à la bonne heure sur les îles pour cela ». Le dévent causé par les îles (le vent va souffler du sud-ouest donc de terre puisque la deuxième porte du parcours oblige la flotte à parer Gran Canaria à l’Est) est en effet plus important de nuit, heure à laquelle Paprec Virbac et PRB doivent atterrir. Raison pour laquelle Vincent n’exclut pas de voir l’arrière de la flotte recoller sur eux. On assisterait alors à un second départ. C’est dire si la nuit prochaine et la journée de lundi vont être importantes. En prévision, Vincent et Sébastien profitent de leur actuelle navigation au près pour accumuler sommeil et énergie pour les 24 heures à venir. La porte des Canaries, que PRB espère virer demain matin, pourrait en effet constituer une véritable ouverture pour les deux plans Farr. Ou une fermeture…

 

Interview de Vincent Riou à 11 h GMT avec son PC Presse

La navigation en double après une semaine ? « Tout va bien, on prend nos marques. Il n’y a pas vraiment de spécialisation même si Jojo est un petit peu plus dehors et moi, un peu plus à la table à cartes. Je ne pense pas, vu les conditions, qu’on ait été beaucoup plus vite qu’en solitaire même si le double permet, par exemple, de davantage barrer. Seul j’aurais passé 20% du temps à la barre et là c’était plutôt du 60% pour nous et 40% pour le pilote. Et sous pilote il y a toujours quelqu’un pour régler les voiles. La vraie différence c’est que l’on dort vraiment, sans inquiétude ! ».

Les comparaisons avec les autres bateaux ? « Difficile car nous n’avons pas rencontré des conditions stables et identiques pour tout le monde. Les quatre plans Farr ont l’air très proches et à priori Hugo Boss affiche un léger déficit de vitesse dans les petits airs ».
Votre retard sur Paprec Virbac ? « Vingt milles c’est effectivement un petit écart mais rien qui ne soit ennuyeux. Nous ne voulions pas prendre de risques en début de course car n’oublions que c’est un tour du monde et que cela se joue sur la durée. Aller à l’ouest immédiatement comportait un risque car il n’était pas exclu qu’un « couloir » de nord-est s’installe à l’Est, près des côtes africaines. Avec notre position médiane nous pouvions aller le chercher, eux n’auraient pas pu. Nous savions que dans un cas nous perdions quelques milles et dans l’autre ils en perdaient beaucoup. Le nord-est ne s’est pas installé, tant mieux pour Jean-Pierre et Damien… Mais notre position nous a, comme prévu, permis de nous recaler à l’ouest sans trop de dégâts ».
La suite ? « Cet après-midi le vent va passer du sud-est au sud-ouest et nous permettre de virer, cap sur les Canaries que nous devrions atteindre cette nuit. Ensuite, il y a deux ou trois jours difficiles dans des conditions anticycloniques avant de toucher les Alizés. Les Canaries peuvent nous permettre de creuser l’écart avec les suivants ou de perdre notre avance ! »
Pourquoi ? « Parce que Paprec Virbac et nous arrivons à la mauvaise heure pour négocier les Canaries. La nuit le dévent est encore plus important et comme le vent souffle de sud-ouest et que la porte nous oblige à passer à l’Est de Gran Canaria nous pouvons très bien nous retrouver scotchés toute la nuit… Et voir les autres revenir sur nous au matin. C’est dire si la nuit et la journée de lundi vont être importantes»

 

Classement établi à 13h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 23 milles
3 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 93 milles
4 –Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 96 milles 
5 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à  130 milles
6 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan MacKee) à  158 milles
7 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 161 milles
8 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 171 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 364 milles

 

 A LA RECHERCHE DU VENT - 16/11/07

 

En ce mois de novembre les courses se suivent et se ressemblent un peu… En tous les cas leurs conditions météos puisqu’une semaine après les concurrents de la Transat Jacques Vabre, ceux de la Barcelona World race sont contraints de gérer une dépression toujours ancrée au large des Açores. Pas du style à vous conduire à inaugurer le tourmentin mais au contraire, en perturbant les flux habituels de la région, à vouer aux gémonies des zones de calme bien trop fréquentes. Conséquence : la Méditerranée franchie – le dernier bateau, Education si Fronteras, passe Gibraltar cet après-midi – la flotte reste à un régime identique. Empannages, recherche des meilleures trajectoires et des zones plus ventées, changements de voile : tout y passe et la marche optimum du bateau interdit pour le moment de vraies tranches de repos. Le changement ? Il s’annonce en direction et non en force puisque les vents devraient virer au secteur sud dans les jours à venir. C’est donc au près – avec des risques de développements orageux – que les monocoques sont censés bientôt faire route vers la deuxième porte du parcours située au milieu des Canaries (à l’Est de Gran Canaria). Une porte qui, comme le soulignait Dominique Wavre à la vacation de 15 heures, réduit les routes possibles et dirige invariablement la flotte vers le petit temps. Bref on aura compris que le « ventilateur » des Alizés a reconduit la grève et que les vitesses vont rester sous les deux chiffres. A ce jeu, Paprec Virbac et PRB continuent à être les meilleurs. Le premier plus proche de la route directe et donc légèrement en tête, le second plus au sud et à l’Est (de près d’un degré). « Mais on ne peut pas vraiment encore parler d’options différentes » prévenait Sébastien Josse tôt ce matin. Les deux plans Farr, qui peuvent espérer atteindre les Canaries dimanche, gardent en tous les cas à bonne distance leurs poursuivants : Estrella Dam et Temenos 2 concèdent respectivement 80 et 87 milles et le groupe Delta Dore, Mutuella Madrilena et Veolia Environnement est distancé de plus de 110 milles. Un joli matelas qui permet certainement de mieux supporter les paresses du vent.

 

Sébastien Josse ce matin avec le PC Course
" La nuit a été difficile avec pas mal d’empannages, un peu à la recherche du vent. Ce n’est pas évident de trouver la bonne route… on vient de retrouver du vent mais on ne sait pas si ça va durer, ça a fait un peu le yoyo toute la nuit. Nous avons eu l’opportunité de faire un petit décalage dans le sud par rapport à Paprec-Virbac 2, mais on ne peut pas vraiment parler d’option pour le moment. "

 

Classement établi à 15h00 (heure française) :
1 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall)
2 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse ) à 11 milles
3 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan MacKee) à  72 milles
4 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 80 milles
5 –Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 98 milles
6 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 99 milles
7 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 105 milles
8 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à  115 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 243 milles

 

 BATAILLE A VUE A GIBRALTAR ! - 15/11/07

 

La Barcelona World Race n’a débuté que depuis à peine 4 jours… Rien au regard du très long chemin restant à parcourir aux 9 équipages engagés… Pourtant déjà, la guerre fait rage ! Comme un symbole, c’est  Gibraltar, haut lieu de guerres navales, qui s’est offert comme champs de bataille cette nuit aux leaders pour leur première vraie passe d’armes…

 

"On s'était mis juste derrière eux avant le dernier virement, vers Malaga" raconte Damian Foxall, le skipper de Paprec-Virbac évoquant « l'embuscade » tendue au tandem Riou - Josse. Petite manœuvre qui permettait, pour quelques mètres, au duo franco-irlandais de précéder le bateau du bâtiment au passage de Gibraltar… Orgueil guerrier oblige, Vincent Riou et Sébastien Josse mettaient un point d’honneur à réagir du tac-au-tac et dès l’entrée en atlantique reprenaient le leadership de la course. Histoire de petits milles… histoire d’hommes et de domination sur fond de guerre psychologique après seulement 4 jours de course !

 

A 7h00 GMT ce matin, seuls les deux navires de tête, naviguant à vue, avaient laissé la Méditerranée derrière eux, s'étant nettement détachés du reste de la flotte : "Nous sommes à environ 40 minutes de la porte", relatait Jonathan McKee à 6h55, Estrella Damm pointant en 3ème position à 34 milles du leader, tandis que Temenos était distant de près de 10 milles du 60’ espagnol. Evoluant désormais "au près bon plein dans du médium", dixit Sébastien Josse, la tête de la flotte devrait pouvoir sortir les spis en fin de journée, mais la partie s'annonce compliquée pour cette seconde portion de parcours qui s'apparente, entre Gibraltar et les Canaries, à une chasse aux alizés. Joint par téléphone, Vincent Riou expliquait s’attendre à un tour du monde lent… Pour comparaison, lors de son Vendée Globe, il avait atteint le Cap Vert au bout d’une semaine… « Nous étions descendus super vite. Nous essayons de naviguer proprement. Nous avons les bonnes voiles pour naviguer dans la pétole. De toute façon, pour le moment on ne peut tirer absolument aucune conclusion. Il y a encore moyen de « prendre cher » avant les Canaries ! »
 
Classement :
 
1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 15 milles
3 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan MacKee) à  56 milles
4 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 64 milles
5 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à 80 milles
6 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à 87 milles
7 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à 93 milles 
8 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à 106 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à 182 milles
   
 

 PRB S'ECHAPPE D'UNE COURTE TETE - 14/11/07

 

Les premiers jours de cette Barcelona World Race ne sont pas avares en rebondissements et le plan d’eau tortueux de la Méditerranée tient une bonne part dans l’écriture de ce scénario aussi riche et varié qu’un thriller efficace. En tête de la flotte, la bataille a longtemps fait rage entre PRB, Estrella Damm et Paprec Virbac, chacun prenant tour à tour les commandes au profit d’un souffle volé à ses concurrents. Grâce à un léger décalage dans l’Est, PRB est parvenu à s’offrir un avantage de 10 milles sur le Paprec Virbac de Jean-Pierre Dick, mais cette courte tête d’avance ne permet pas à Vincent Riou et Sébastien Josse de se reposer sur leurs lauriers : « cette première partie est à haut risque. A chaque fois que l’on prend une option, on prend des risques, c’est aléatoire » expliquait le skipper au petit matin.

 

Comme dans les polars, les bons et les mauvais coups se jouent dans l’obscurité. Ainsi, pendant que PRB se détachait, Jérémie Beyou, à bord de Delta Dore se faufilait près de la côte et y trouvait de petits airs suffisants pour semer Veolia Environnement et Mutua Madrileña pourtant embarqués dans la même galère aux Baléares, c’est-à-dire dans une zone sans vent près d’Ibiza. Les trois monocoques avaient en effet payé cher une option à la côte pendant les premières heures de course. On retrouve donc toujours deux flottes pour deux options. A la côte espagnole, les nordistes menés par un Delta Dore flirtant avec la 3ème place et, plus proches de l’orthodromie, les sudistes dirigés par Vincent Riou et Sébastien Josse situés à mi-distance entre l’Europe et l’Afrique. Les neufs concurrents ont bien profité de la journée d’hier pour allonger la foulée au profit d’un flux d’est-nord est mais l’incertitude règne en maître sur les douze prochaines heures. Vincent Riou parle d’un « bazar » et voit « des zéros partout en mer d’Alboran », comprenez des bulles sans vent qu’il faudra éviter au risque de perdre du terrain.

 

A bord du monocoque vendéen, on prend son mal en patience. Vincent et Sébastien se relaient à la barre, le pilote automatique étant peu performant dans ces conditions. La Méditerranée n’a pas dit son dernier mot et elle a encore 24h00 pour jouer les troubles fêtes. Le passage de Gibraltar sera salvateur. D’ici là, les calmes et les averses orageuses sont au menu… Vivement l’Atlantique.

 

Interview de Vincent Riou à  17h00 (Heure française) :
« Tout va bien à bord de PRB. Cette nuit, ça va encore être le bazar. On va tous être collés mais je ne sais pas si cela va regrouper la flotte ou pas. On verra demain… Actuellement, nous avons 7 à 8 nœuds de vent. Il y a des bulles sans vent un peu partout. Cette nuit, sur la mer d’Alboran (partie de la Méditerranée la plus à l’ouest, ndr) il y a des zéros partout. L’objectif est de gagner Gibraltar au plus vite. Plus on sera proche de la sortie et plus on aura des chances de toucher de l’ouest. La situation est un peu pénible car il faut barrer sans cesse. S’il n’y a personne à la barre, on n’avance pas. Vivement que cela allume un peu ! »

 

Interview de Vincent Riou à la vacation d’hier matin :
"On navigue au portant sous spi, tranquille, dans 10 nœuds de vent. Il fait beau, on n’a pas enfilé les cirés depuis que l’on est parti. Depuis hier, on a tout le temps eu du vent ! C’est mou mais on avance quand même. On attend les classements. Hier au soir on voyait Paprec-Virbac 2. Là, je ne sais pas ce qu’il en est. C’est toujours la surprise. Mais, la nuit dernière, on ne s’est pas arrêté. On n’a pas regardé ce qui est prévu après Gibraltar, on essaie de gérer la première section de parcours. On verra peut être ce soir pour la suite. Pour l’instant, on est concentré pour rallier le détroit. Cette première partie est à haut risque. C’est une partie importante au cours de laquelle beaucoup de choses peuvent jouer. On sera content d’en sortir car la météo n’est pas simple. Pour aujourd’hui, on sait que jusqu’en milieu de journée on va avoir du vent mais après c’est le mystère. A chaque fois que l’on prend une option, on prend des risques, c’est aléatoire."
 

Classement établi à 17h00 (heure française) :

1 – PRB (Vincent Riou et Sébastien Josse )
2 – Paprec Virbac 2 (Jean-Pierre Dick et Damian Foxall) à 7 milles
3 – Estrella Damm (Guillermo Altadill et Jonathan MacKee) à  21 milles
4 – Delta Dore (Jérémie Beyou et Sidney Gavignet) à  26 milles
5 – Temenos 2 (Dominique Wavre et Michèle Paret) à 28 milles

6 – Hugos Boss (Alex Thomson et Andrew Cape) à  37 milles
7 – Veolia Environnement (Roland Jourdain et Jean Luc Nélias) à  58milles

8 – Mutua Madrilena (Javier Sanso et Pachi Rivero) à  58 milles
9 – Education Sin Fronteras (Servanne Escoffier et Albert Bargues) à  159 milles
 

 ILS SONT PARTIS! LE BATEAU DU BATIMENT DEJA EN TETE... 12/11/07

 

Les départs de tours du monde ont toujours quelque chose de singulier. Et plus encore lorsqu’il s’agit d’une première comme ce Tour du Monde en double, la Barcelona World Race. Il y avait donc beaucoup d’émotion dimanche matin lorsque les neuf monocoques ont quitté tour à tour les pontons de Port Vell.

 

Autour de PRB, la famille, les amis et les partenaires s’étaient massés en nombre pour un dernier encouragement à Vincent Riou et Sébastien Josse. Déjà dans la course, le duo jetait un dernier coup d’œil aux prévisions météo et donnait les quelques consignes indispensables à l’équipe technique, notamment quant à la préparation des voiles d’avant qui seraient utilisées sur la ligne de départ. « Partis, nous le sommes déjà en réalité depuis hier soir dans nos têtes » lâchait Sébastien Josse juste avant de larguer les amarres. Les centaines de bateaux spectateurs massés devant Barcelone ont rapidement vu qu’il ne s’agissait pas de paroles en l’air. Vincent Riou et Sébastien Josse ont tout simplement accompli un véritable festival sur les 5 milles du parcours côtier proposé en préambule de ce tour du monde !  Car les premières minutes de course ont été particulièrement spectaculaires avec un PRB en maître de cérémonie ! Lancé comme un obus au portant et sous spinnaker, porté par une brise de Sud Ouest d’une dizaine de nœuds, le monocoque vendéen a choisi une option « large » qui l’a conduit à transpercer la foule des nombreux bateaux suiveurs mal situés par rapport à la ligne mais très attentifs à s’écarter de la route de la flotte IMOCA. Tout se finit heureusement bien et PRB ne va pas tarder à encaisser les fruits de cette option au large.

 

Car plus audacieux que leurs concurrents qui ont préféré lever le pied ou même empanner rapidement, Vincent et Sébastien ont, dès cet instant, acquis un avantage qu’ils vont faire fructifier jusqu’à la bouée sous le vent mouillée 2,5 milles au nord de la ligne de départ, juste devant l’estuaire du Rio Besos. En tête à cette première marque de parcours, ils comptabilisaient déjà près de quatre minutes d’avance sur leurs poursuivants directs, à savoir Hugo Boss et Paprec Virbac. Le couteau entre les dents, les deux marins réalisent ensuite un sans faute dans la remontée au vent et bouclent le parcours côtier avec plus de 6 mn d’avance sur Delta Dore soit près de 1 mille nautique sur les 5 parcourus ! On sait que ces premiers milles ne sont rien rapportés aux  25 000 milles de ce tour du monde. Mais on mesure aussi l’importance psychologique de quitter en tête la capitale catalane. D’autant que dans l’histoire de PRB, cette petite victoire en rappelle d’autres. Sur les deux derniers Vendée Globe, Michel Desjoyeaux, puis Vincent Riou, avaient respectivement fait de même à bord de leur PRB avant de boucler en tête leur tour du monde. On se défiera de tout proverbe hasardeux qui laisserait à penser que jamais 2…  Mais ce départ sur les chapeaux de roues, confirme  a minima que Vincent et Sébastien sont parfaitement à l’aise dans la peau des favoris.

 

La flotte a ensuite progressé jusqu’à une marque de parcours mouillée 23 milles plus au sud devant la station balnéaire de Sitges. Ensuite,  il faudra déjouer les vents faibles d’une zone de transition promise jusqu’à Gibraltar que Vincent n’espérait pas franchir avant trois jours et demi de mer. Des conditions erratiques qui pourraient fort bien produire de gros écarts : « un bateau peut très bien  sortir avec  100 milles d’avance à Gibraltar » estimait Vincent ce matin. Et d’en déduire, au vue de la situation météorologique, qu’il ne faudrait pas trainer en route dès les premiers milles. A voir la façon dont les deux hommes ont débuté leur tour du monde, on les croira sur parole.

 

CLASSEMENT :
 
1. PRB - 17h03'07"
2. Delta Dore - 17h13'42"
3. Veolia Environnement - 17h18'03"
4. Estrella Damm - 17h24'20"
5. Hugo Boss - 17h25'06"
6. Paprec-Virbac 2 - 17h27'09"
7. Mutua Madrileña - 17h30'31"
8. Temenos II - 17h37'12"
9. Educacion Sin Fronteras - 19h16'45"

  

 J-3 AVANT LE GRAND DEPART ! - 08/11/07

 
C’est ce dimanche 11 novembre à 13h00 que sera donné le départ de la première édition de la Barcelona World Race. A quelques heures du départ, les équipages peaufinent les derniers réglages et se préparent pour environ 80 jours de navigation en duo. Autour de PRB, le bateau de Vincent Riou et Sébastien Josse, calme et décontraction sont de mise. L’importance du rendez-vous ne semble pas avoir de prise sur les 2 complices. Sûrs d’eux même et de leur machine, ils sont prêts à en découdre… Vivement dimanche !
 
Rappel des forces en présence :
 
PRB :                                      Vincent Riou (FRA) et Sébastien Josse (FRA)
DELTA DORE :                         Jérémie Beyou (FRA) et Sidney Gavignet (FRA)
HUGO BOSS :                         Alex Thomson (GBR) et Andrew Cape (AUS)
TEMENOS :                             Dominique Wavre (SUI) et Michèle Paret (FRA)
PAPREC-VIRBAC :                   Jean-Pierre Dick (FRA) et Damian Foxall (IRL)
VEOLIA :                                 Roland Jourdain (FRA) et Jean-Luc Nélias (FRA)
ESTRELLA DAMM :                  Guillermo Altadill (ESP) et Jonathan McKee (USA)
EDUCACION SIN FRONTERAS Albert Bargues (FRA) et Servane Escoffier (FRA)
MUTUA MADRILENA :              Javier Sanso (ESP) et Panchi Rivero (ESP)
  
Point météo pour le départ :
 
La situation qui occupe actuellement les concurrents de la Transat Jacques Vabre va rester inchangée durant toute la semaine. C'est à dire un anticyclone assez haut en latitude au large des Iles Britanniques qui se décale lentement vers la France. Une dépression sur la Méditerranée centrale qui maintient en permanence des conditions de Mistral et Tramontane sur le Golfe du Lion jusqu'au Baléares. Et une dépression bloquée sur les Açores qui perturbe les alizés. Du coup, peu de vent le long des côtes espagnoles pour Dimanche et Lundi avec un flux de tendance Est faible au large de Barcelone qui revient progressivement Nord au large de Valence, l'ensemble est accompagné de quelques averses éparses. Le vent s'établira ansuite au secteur Est en se renforçant autour de 15noeuds à partir du moment où ils navigueront en mer d'Alboran. Ensuite, les alizés restent faibles le long des côtes ouest-africaines entre 10 et 15noeuds.
 
 A J-11…
 
C’est la semaine dernière, après plusieurs jours de Relations Publiques sur la côte d’azur, que Vincent RIOU et son « bateau du bâtiment » ont rallié Barcelone après une vingtaine d’heures d’un convoyage « sportif ». Un mistral atteignant les 35 nœuds a en effet accompagné le monocoque vendéen dans son « court » périple. Pour Vincent Riou et Sébastien Josse, ces 250 milles représentaient la dernière session de navigation avant le départ du Tour du Monde qui sera donné le 11 novembre prochain.
 
Vincent est plutôt satisfait d’avoir effectué ce convoyage dans la brise, histoire de confirmer qu’à bord de PRB, tout est prêt ! Côté équipe technique, la traditionnelle « job list » est affichée mais seules quelques petites vérifications sont au programme. « On travaille dans le détail. Ce sont de petites choses, rien de fondamental » explique Vincent avec la sérénité qui le caractérise.
Autour de PRB, l’ambiance est donc au beau fixe. Le skipper et le co-skipper ont même quitté Barcelone le week-end dernier pour s’offrir quelques jours de break en famille.  Ils retrouveront la capitale catalane en cette fin de semaine. La pression montera alors peut-être d’un cran pour les favoris en partance pour un huis clos de deux mois et demi.
 
Interview de Vincent Riou :
 
« Le convoyage a été très rapide. Je suis plutôt satisfait d’avoir eu ces conditions météo. A Barcelone, les bateaux sont situés en plein centre ville ce qui est assez inhabituel. C’est sympa pour les personnes qui vont venir voir les bateaux. Le bateau est bien prêt, si le départ était dans une semaine, ce ne serait pas très grave pour nous...»
 
BARCELONA WORLD RACE : dernières news…
 
Toutes les équipes, à l'exception d’Hugo Boss actuellement en convoyage, sont désormais dans la cité catalane. Alex Thomson et Andrew Cape profitent de leur traversée afin de vérifier les améliorations apportées au bateau conçu par Jean-Marie Finot et Pascal Conq. Ces changements ont quelque peu retardé leur départ et Hugo Boss n'atteindra pas Barcelone avant le 1er novembre, si les vents sont favorables dans le détroit de Gibraltar.
 
Delta Dore est lui en mode opérationnel depuis ce week-end : Gilles Chiorri, Bruno Behuret et Morgan Guillou ont travaillé dur pour tester la nouvelle quille installée à Barcelone.
 
Le navigateur suisse Dominique Wavre et sa co-équipière française Michèle Paret ont également profité de leur convoyage (en mode course) pour valider les dernières optimisations apportées à Temenos II – ils prennent désormais un repos bien mérité avant le grand saut du 11 novembre.
 
Les skippers de Virbac Paprec - 2, le Français Jean-Pierre Dick et l’Irlandais Damian Foxall font de même. Leur bateau est arrivé récemment à Barcelone après être parti de Lorient, où le navire a récemment reçu une nouvelle quille.
 
Comme Vincent Riou et Sébastien Josse, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias (Veolia Environnement) passent actuellement ces derniers jours avec leurs familles, à la suite d'un programme qui a été très soigneusement mis en place par leurs équipes respectives.
 
Certains peaufinent leurs bateaux, à l’instar des infatigables Guillermo Altadill et Jonathan McKee, que l’on a récemment pu voir sur l’eau tous les jours afin de parfaire leur 60 pieds IMOCA Estrella Damm.
 
Après le baptême de leur bateau Mutua Madrileña par SAR l'Infante Cristina jeudi, Javier Sansó et Pachi Rivero assistés de leur équipe technique achèvent les derniers contrôles et préparatifs avant de s’octroyer un peu de repos.
 
Albert Bargués et Servanne Escoffier sont à Barcelone depuis le début de la semaine, tandis que l’équipe d’Educacion Sin Fronteras procède aux derniers réglages sur le monocoque.
 
Sur le Moll de la Fusta, dans le port de Barcelone, la mise en place du village officiel de la course touche à sa fin, pour une ouverture le 1er novembre à midi. Il ne restera alors plus que 10 jours avant le coup de canon…
    



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